Hillary passe à l’offensive

Trump hier à Cincinatti (Photo AFP)

Trump hier à Cincinatti
(Photo AFP)

Hillary Clinton a échappé à une comparution en justice à la suite des courriels confidentiels qu’elle envoyait de son ordinateur personnel quand elle était secrétaire d’État. Le FBI a renoncé à la poursuivre. Donald Trump n’entend pas la tenir quitte.

AUX ÉTATS-UNIS, la campagne électorale se durcit. Hillary Clinton aura poussé un soupir de soulagement après la décision du FBI, mais elle sait que Donald Trump continuera à la bombarder de jugements négatifs à propos de l’affaire des courriels. Elle ne se laissera pas faire si l’on en juge par son discours d’hier dans le New Jersey, à Atlantic City, havre des casinos, où les mauvaises affaires de Trump ont mis pas mal de gens sur la paille. Mme Clinton affirme que son rival a dû faire face à 3 500 procès au cours de sa carrière dans l’immobilier et qu’il s’est enrichi pendant que d’autres étaient ruinés par sa faute. « Ce qu’il a fait à Atlantic City est exactement ce qu’il fera en novembre s’il gagne », a-t-elle déclaré. Trump a aussitôt réagi en rappelant qu’il n’avait fait qu’obéir aux lois, en adoptant les dispositions légales en cas de faillite. Il a raison, mais Mme Clinton n’a pas tort, car le candidat républicain a abusé de règles qui permettent aux personnes impliquées dans une faillite de s’en sortir au détriment de leurs créanciers. Quatre faillites ne l’ont pas empêché d’amasser des milliards.

Encore une polémique.

La méthode excessivement cynique avec laquelle le milliardaire a bâti sa fortune sera, pour la candidate démocrate, un argument qu’elle invoquera à plusieurs reprises pendant la campagne. Il lui faudra en tout cas beaucoup de courage et surtout un peu de passion pour venir à bout de son compétiteur. Elle ne tient pas le discours démagogique qui a permis à Trump d’engranger 10 millions de voix pendant la primaire républicaine, elle refuse (et elle a raison) de contribuer à la vulgarité du débat et elle doit tenir compte du fait qu’il a redressé ses comptes de campagne grâce aux dons qu’il a reçus depuis un mois, quand ses réserves ne dépassaient pas un million de dollars.
Mais Donald Trump a un ennemi irréductible, lui-même. Il ne se contrôle pas et il ne semble pas contrôler ses collaborateurs, toujours prêts à utiliser des arguments de très mauvais goût. « Le Donald » a ainsi diffusé un tweet montrant Hillary sur fond d’étoile à six branches, le symbole juif le plus connu, avec cette mention :« La candidate la plus corrompue de l’histoire ». De la part d’un spécialiste de la corruption, le compliment ne manque pas de sel. Rien, strictement rien, n’associe le judaïsme à Hillary Clinton, sinon que son gendre est juif. Par une extraordinaire coïncidence, il se trouve que le gendre de Trump, Jared, le mari de sa fille Ivanka, est juif. Il a cru bon de prendre la défense de son beau-père en le décrivant comme « pro-juif et pro-Israël », mais sans expliquer pourquoi Trump avait associé Mme Clinton à l’étoile de David.

Une perspective de stabilité.

C’est une chance pour la démocratie américaine que Trump soit incontrôlable et qu’il ne sache pas éviter de faire des commentaires ou de prononcer des jugements qui le rendent suspect dans diverses parties de l’électorat. On mentionne très souvent l’arrogance du couple Clinton, qui croit avoir un droit inné à la présidence, du manque de charisme d’Hillary, de l’absence chez elle de compassion sincère, de ses rapports avec les banques et Wall Street. Mais, à ce point précis de la campagne électorale aux États-Unis, la question ne porte pas sur ses qualités personnelles, elle porte sur le danger historique que serait une présidence Trump. Envoyer à la Maison Blanche, pour succéder à l’intellectuel qu’est Barack Obama, un homme qui a déjà prouvé son cynisme, qui prononce des mensonges tous les jours, qui ignore totalement la politique, l’économie et les affaires extérieures, qui, en outre est prêt à un renversement d’alliances dicté par l’isolationnisme et le protectionnisme, constituerait une faute majeure pour le peuple américain. En outre, Mme Clinton ne serait pas élue par défaut, uniquement pour conjurer le danger. Elle est parfaitement rodée pour la fonction qu’elle brigue. Et, dans ce monde si compliqué et si dangereux, elle offre une perspective de stabilité.

RICHARD LISCIA

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