Juppé subliminal

Juppé serait disponible
(Photo AFP)

La défense pathétique de François Fillon, faite de contradictions (par exemple, il a dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen pour dire ensuite le contraire) et d’une détermination forcenée mais qui aggrave sa solitude, le dispute au désarroi de son camp, qui, en général, ne veut plus de lui, mais ne dispose d’aucun moyen pour le faire changer d’avis.

M. FILLON tire de son triomphe à la primaire de la droite et du centre la certitude qu’en résistant aujourd’hui, il finira par balayer les doutes. Mais ce qui mine sa candidature n’a rien à voir avec ce qui l’a fait élire. Il ne pourra pas avoir raison contre tout le monde, y compris contre ceux qui souhaitaient sa victoire à la présidentielle. Il a déjà essuyé de très sérieux revers judiciaires. Même s’il accédait à la magistrature suprême, ce qui, aujourd’hui, semble bien improbable, il n’aurait pas du tout les mains libres pour gouverner. Dans son obstination, il y a d’abord le souci de protéger son épouse, qu’il a entraînée dans une effroyable mésaventure. Il y a ensuite l’espoir d’échapper lui-même à la justice, fût-ce temporairement. Il y a enfin cet incroyable déni de culpabilité.
M. Fillon maintient donc une sorte d’équilibre artificiel. Il pense qu’en arpentant le pays et en allant à la rencontre de ses fidèles, il finira pas inverser le courant qui le conduit au désastre. Il fait une sorte de pari désespéré, il joue son va-tout, en oubliant quelque peu ses responsabilités vis-à-vis de son parti, de ses électeurs (qui approuvent son programme mais désavouent son comportement passé d’élu), et du pays tout entier puisqu’il est censé le redresser et que, désormais, il risque de perdre, laissant une bonne fraction des électeurs ruminer leur malchance. Mais même s’il gagne, ce sera d’un cheveu, avec une majorité sans doute difficile à composer, et avec une crédibilité faible malgré ses compétences.

Juppé dans tous les esprits.

Or tout Paris sait à quoi pensent les Républicains. Tout Paris sait que le remplacement pur et simple de M. Fillon par Alain Juppé est souhaitable et qu’il faut en passer par les exigences du maire de Bordeaux, qui est disponible, mais veut être plébiscité par son camp. Condition tout à fait réaliste : M. Juppé ne peut faire une campagne efficace s’il n’est pas adoubé par la totalité de la droite et du centre. La droite dispose donc d’une alternative, et de celle qui a le plus de chances de l’unifier et de la galvaniser. Dans leurs retranchements, les amis de M. Fillon tirent leurs dernières cartouches : le perdant du second tour de la primaire n’a aucune légitimité ; son programme n’est pas suffisamment réformiste ; il n’y a pas de plan B parce qu’il y a trop de candidats et que les ténors du parti vont s’abattre comme des vautours sur la dépouille de l’ancien Premier ministre.

Le dangereux dénigrement des juges.

Ce seraient d’excellents arguments si la bataille entre M. Fillon et la justice ne devait se traduire inéluctablement par la déroute du candidat. Les juges ne le lâcheront pas et, lorsqu’ils ont évoqué l’indépendance de la justice pour renvoyer M. Fillon dans les cordes, ils voulaient démontrer, non sans le soutien populaire, qu’ils ne sont pas concernés par la vie politique du pays, et qu’il n’existe pas de justice d’exception protégeant les personnes célèbres ou celles dont la carrière est liée à la gouvernance du pays. On peut trouver cette indifférence au contexte électoral quelque peu excessive, mais elle est saine et logique. Nous avons tous patienté pour voir si, grâce à ses incantations, M. Fillon allait être porté en triomphe par ses soutiens inconditionnels, le phénomène ne s’est pas produit. Au contraire, la seule argumentation des amis de M. Fillon réside dans le dangereux dénigrement des juges. M. Fillon est peut-être victime d’un mauvais coup du sort ou même, comme il dit, d’un « coup d’État institutionnel » (expression grandiose mais complètement inadaptée à la situation), le fait est qu’une majorité de Français ne croit ni au complot ni à l’immunité du candidat.
On nous dit que nous allons assister ce week-end, au dernier baroud de M. Fillon, et que, lundi ou un peu plus tard, il renoncera. Ce qui est sûr, c’est que s’il se maintient encore pendant une semaine ou deux, les Républicains ne pourront plus le remplacer. Il n’a jamais été aussi affaibli, il n’a jamais aussi fermement tenu entre ses mains le destin de la droite et, admettons-le, du pays.

RICHARD LISCIA

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24 Responses to Juppé subliminal

  1. liberty8 dit :

    Oui vous avez raison. C’est déchirant mais vous avez raison. Quand on croit à un programme et à un homme et que l’on se précipite vers une folie et un échec, c’est déchirant mais il faut penser à l’avenir de notre pays.
    Une chose ne lui sera pas pardonnée, même si l’on est conciliant, si l’on pense qu’il n’y a rien d’illégal, qu’il n’y a pas mort d’homme, que ce n’est pas un Cahuzac , c’est le non respect de la parole donnée. Il l’a dit ce soir là, je l’ai écouté en direct sur TF1, il a dit qu’il se retirerait s’il était mis en examen. Car comment peut-on mener des réformes sévères, des réformes contraignantes si on a soi-même affaire à la justice. Il manque à sa parole, il se dédit, comment fera-t-il croire qu’il tiendra son programme si sa parole n’a pas de valeur ? Comment pourra-t-il tenir la rue en trainant une batterie de casseroles, par la force ?
    Cette élection est détestable, elle vous force au « parricide » politique. Juppé reprendra le flambeau, un flambeau plus souple mais au moins un programme qui ne se situe pas dans l’outrance extrémiste ou l’inconséquence comptable.
    Mais Fillon est comme une bête traquée, acculée, ses soutiens se défaussent. N’est-ce pas la preuve de l’assassinat politique ? les plus faibles partent, la paranoïa se fixe et tous ces éléments-là le confortent dans sa position jusqu’au-boutiste. Espérons que la lucidité reviendra et qu’il passera la main.

    • lionel dit :

      Bien que le programme de M. Fillon soit excellent, je n’ai pas voté pour lui à la primaire car rester cinq ans à se faire humilier par Sarkozy sans démissionner n’avait rien de très gaullien. De plus, l’affaire Jouyet qui, à mon humble avis, est celle qu’il est en train de payer aujourd’hui et non ses paroles sur « le général de Gaulle mis en examen » m’a aussi profondément déplu. Certes Alain Juppé n’a pas le même programme mais il est pratiquement similaire. On s’est beaucoup moqué de son âge mais, il ne fera qu’un mandat alors que dès le soir de sa victoire à la primaire M. Fillon ne parlait plus d’application de son programme à 5 ans mais à 10 ans. Enfin, l’orgueil, la fierté d’Alain Juppé font qu’il ne voudra pas être relégué aux oubliettes de l’histoire comme son prédécesseur François Hollande voilà pourquoi il appliquera son programme stricto sensu en 5 ans.
      J’ai voté aux 2 tours de la primaire pour Alain Juppé je ne suis sûrement pas le mieux placé pour une impartialité à toute épreuve mais, tout ce que je sais c’est que si François Fillon s’obstine, la droite républicaine ne passera pas le premier tour et, l’alternance (obligatoire) qui aurait dû se produire afin de relever notre pays ne se fera pas au profit d’un programme non chiffré (au fil de l’eau comme Hollande) ou d’un programme ramasse-tout donc irréaliste. Vous parliez de lucidité pour M. Fillon, j’espère de tout cœur que vous avez raison.

  2. Michel de Guibert dit :

    Déni de culpabilité ?
    Mais jusqu »à preuve du contraire, et même s’il était mis en examen, Fillon est présumé innocent.
    Pour le moment, il n’est pas mis en examen, il est seulement convoqué chez un juge d’instruction qui n’a pas encore eu le temps de prendre connaissance du dossier.
    Pour le reste, il se dit que les parlementaires peuvent disposer comme ils l’entendent de leur enveloppe ; je ne sais si Fillon a bien ou mal usé de cette enveloppe de parlementaire, mais il semble bien que tout cela soit légal, et donc il ne sera sans doute jamais condamné… mais bien sûr le mal est fait contre lui et sa famille traînés dans la boue.
    Quant aux salaires de Pénélope Fillon, même s’ils semblent disproportionnés par rapport aux services rendus, ils demeurent sur plus de dix ans bien inférieurs à ce qu’aurait gagné Macron en dix-huit mois… tout est relatif !

    Réponse
    Oui, déni de culpabilité comme s’il était logique qu’il arrondisse ses fins de mois en versant de l’argent public à sa femme, toutes choses qu’il reconnaît. Parce que c’était légal, il a cru bon de le faire. Mais si c’était légal, c’était au moins immoral. Son passé le rattrape, il ne le supporte pas. C’est un déni. Vous en êtes à prendre sa défense comme si le sort d’un seul homme avait tellement d’importance. Ce n’est pas le problème. Le problème est que son obstination entraîne tout son camp vers la déconfiture. Les gens qui l’abandonnent ne sont pas des traîtres, comme vous semblez le croire, ce sont des gens qui ne veulent pas que leur camp perde. Faites-vous partie de ce groupe ou allez vous soutenir Fillon jusqu’à ce que Hamon l’emporte ?

    R.L.

    • Michel de Guibert dit :

      @ R.L.
      La défense d’un seul homme ? Peut-être en effet, je n’aime pas que l’on piétine ainsi un homme, quels que soient ses torts. Ce lynchage médiatico-judiciaire m’atterre et m’inquiète pour la santé de notre démocratie.
      Les parlementaires sont libres d’user comme ils l’entendent de leur enveloppe parlementaire, ce n’est donc plus de l’argent public, mais cela devient de l’argent privé à la disposition de chaque parlementaire, il n’est sans doute pas bon qu’il en soit ainsi et cela devra sans doute être modifié à l’avenir, mais c’est ainsi aujourd’hui, et que direz-vous si demain les juges prononcent un non-lieu car il n’appartient pas à la justice de se prononcer sur l’utilisation de ces fonds…
      Toute cette affaire s’apparente à un coup d’État institutionnel !
      Quant à l’aspect politique, je ne fais partie d’aucun camp, j’ai toujours été hostile aux primaires, et la démarche « gaullienne » de Henri Guaino m’a paru plus juste, mais si maintenant cela aboutissait au retrait de François Fillon, ce ne sont certainement pas des Alain Juppé ou d’autres qui pourront éviter la déconfiture, cela ne pourra que l’aggraver et favoriser la victoire de celle dont ne vous voulez en aucun cas…
      Attention !

      Réponse
      Bien entendu je ne suis pas d’accord mais il me semble que tous les arguments de part et d’autre et entre lecteurs ont été largement exposés. Il est temps d’éviter que le débat devienne une incessante partie de ping-pong, avec les mêmes idées ressassées à l’infini.
      R.L.

  3. Agnès Gouinguenet. dit :

    Nous sommes sur un blog médical. J’espère que François Fillon est bien suivi par la médecine. Car tout cela ressemble à la décompensation d’un burn-out. Attention danger pour cet homme.
    Merci R.L.

    • Liberty8 dit :

      Médecin généraliste, je ne vois pas de signe de burn-out, je vois petit à petit quelqu’un campé sur ses positions parce qu’il pense qu’il détient la vérité et que les autres lui veulent du mal, ca s’appelle un esprit paranoïde comme beaucoup de gens et surtout de politiques dans sa position.
      Je ne dis pas que Macron est schizophrène du fait qu’il annonce tout et son contraire ? Alors un peu de respect, merci.

      • Vous avez vécu personnellement un « burn-out » ? Moi oui. Et j’ai eu une chance inouïe de m’en sortir sans séquelle physique. En quoi est-ce que je manque de respect à une personne quand je dis qu’elle a besoin d’aide ? La manifestation d’hier au Trocadéro n’était qu’une émanation de « Sens commun » et de la « Manif pour tous ». M. Fillon demande à son épouse (très soumise car profondément catholique) d’intervenir dans les médias sous la surveillance de ses avocats, comme une bouée de sauvetage. Quel calvaire pour cette femme ! Ce couple joue les Marie-Antoinette et Louis XVI, mais Robert Badinter est passé par là.
        Pour en revenir à Emmanuel Macron, renseignez-vous sur le social-libéralisme, et vous comprendrez peut-être le sens d’une économie voulue équilibrée, tout sauf psychotique. On favorise l’entreprise privée en diminuant les charges patronales, mais on construit un filet protecteur pour le patron et les éventuels salariés (chômage pour tout le monde mais très réglementé, avec formation efficace et arrêt des indemnités si l’on refuse deux propositions de nouveau travail). Le risque est valorisé, et l’échec n’est plus un drame. Si cette mesure avait été appliquée au moment de mon « burn-out », je ne l’aurai pas fait. Merci.

  4. Eve M. dit :

    Je suis effondrée par le spectacle que nous offrent les supposés Grands Hommes de notre pays. Fillon est très préoccupant, son obstination absurde.
    Hollande passe une journée (8 heures d’un président de la République) à manger gaiement du fromage au Salon de l’Agriculture alors qu’un paysan se suicide tous les deux jours en France, il eût mieux valu qu’il y réfléchisse un peu dans son bureau à l’Élysée, sous le coup de peigne d’un coiffeur qui nous coûte 9000€ par mois, soit dit en passant, depuis 5 ans.
    Macron navigue sans hauteur dans des eaux tièdes et démagogues.
    Le Pen et Sarkozy doivent exulter.
    Irez-vous voter, M. Liscia ?

    Réponse
    Oui, Madame, j’irai voter. Il y a à mes yeux au moins une personne qu’il faut éliminer au second tour.
    R. L.

    • Liberty8 dit :

      Et moi je ferai de même pour la même raison, quelle que soit l’autre personne présente.
      Il y a des choses dont ma moitié italienne ne peut déroger.

    • démerdecine générale dit :

      A force de crier au fantôme tout le temps………même les enfants ne le craignent plus!.
      Il y a deux choses à considérer :
      1) Entre la médecine étatisée et la médecine à 9 vitesses automatisées, il y a certainement une médecine plus judicieuse.
      2) Entre un système politique qui propose, à nos enfants et petits enfants, de l’argent public sans avoir à travailler, et un système de bulldozer des lobbies financières qui écrasent les agriculteurs, il y a certainement un système plus juste.

  5. Victor J. dit :

    On a déjà oublié que Juppé aussi a été considéré comme repris de justice avec ses propres casseroles avant sa fuite au Canada ; on veut ignorer que la justice à vitesse variable mérite aussi sa propre introspection voire son procès, dans le fait que ni Macron ni Le Pen ne jouissent des affres de Fillon et pour les mêmes raisons. Ces élections semblent entachées d’immoralité absolue ; aucun des candidats, si peu candides, n’émerge vraiment. Alors on doit encore voter pour un contraire et avec contrariété obligée lors du deuxième tour. Il est désolant de constater les fameuses amitiés en politique quand le navire a de la gite et que les rats se débinent. Comme vous dites, il faut sauver les meubles, son camp et…son éventuel maroquin. Avez-vous envisage un effet « Coluche » au niveau des petits candidats, au vu de l’ecoeurement des Français?

    Réponse
    Formidable. A vous entendre, il n’y a plus qu’à se suicider. Imprécation n’est pas raison.

    R.L.

  6. mathieu dit :

    Le plan J comme Juppé, le plus évident, le seul crédible depuis maintenant six semaines, n’est freiné que par deux « forcenés », celui de la Sarthe (par parenthèses, machiavéliquement conseillé par ses « amis » et mentor), et le « parrain » de la droite, toujours actif dans sa retraite, toujours aux manettes. Nicolas Sarkozy, en effet, n’a aucun intérêt pour sa légende qu’un successeur ré-habite la droite républicaine aussi bien qu’il l’a fait. Il ne pardonnera jamais, non plus, à Juppé ce dimanche d’août 2014, où le très légitime maire de Bordeaux s’est déclaré candidat, devenant le caillou dans la chaussure de Sarkozy durant deux ans, inexorablement en tête des sondages malgré tous les sifflets de la vieille garde à chacune de ses apparitions au parti, considéré comme le seul véritable empêcheur d’un second mandat Sarkozy (au demeurant légitime lui aussi).
    On peut être un grand homme d’Etat…et avoir ses faiblesses, voire ses petitesses (tenter à toute force la solution Baroin, et y renoncer après un sondage privé désastreux, simplement pour empêcher le « plan J ». Grandeurs et misères de la politique.

  7. Michel de Guibert dit :

    Un dessin humoristique résumait bien les choses mettant en scène un dialogue entre deux juges : « L’indépendance de la justice, c’est comme la religion, j’y crois, mais je ne pratique pas » !

  8. Patrice Martin dit :

    Le terme paranoïde me paraît excessif s’agissant d’un homme qui n’a commis ni crime ni délit mais seulement l’erreur de croire que la France était encore une démocratie et un état de droit. Certain de son innocence, il n’a jamais imaginé pouvoir être inculpé (ce qui explique sa déclaration) et n’a toujours pas compris qu’il allait être condamné, même s’il est parfaitement innocent. Au besoin avant le premier tour s’il représentait encore la moindre menace pour Macron dans les sondages.
    Une nation est-elle encore un Etat de droit lorsque 90 % des magistrats sont encartés à gauche ? Quand leur principal syndicat ose afficher des photos de leurs adversaires de droite sur « le mur des cons » ? Si les magistrats en charge du dossier sont désignés directement par l’exécutif au mépris d’un principe constitutionnel élémentaire ? Quant on expose les salaires de Mme Fillon mais pas ceux de Mme Ayrault ?
    Une nation est-elle encore une démocratie lorsque les principaux candidats sont empêchés de concourir par des mises en examen déclenchées au moment opportun par leurs adversaires politiques et pour des faits qu’on aurait pu leur reprocher depuis des années ? (mais au risque d’exposer les parlementaires de gauche aux mêmes tracas et sans le bénéfice d’éliminer des adversaires).
    La seule raison pour laquelle il doit aujourd’hui se retirer est qu’il doit faire passer l’intérêt supérieur de la nation avant son intérêt personnel. Ce serait pour lui la meilleure façon de se grandir encore. Mais il doit désigner comme successeur à la candidature un homme qui porte le même projet que lui. Désigner Juppé serait un camouflet aux électeurs de la primaire qui ont voté autant pour le projet que pour l’homme. Le risque serait alors que la colère de la majorité de droite, qui atteindra un niveau inouï, la fasse se reporter sur le front national.
    Juppé a causé beaucoup de torts à la profession. Il est trop âgé. Il n’est qu’un énarque étatiste incapable de libérer l’entreprise du carcan administratif qui l’étouffe. Son projet est très insuffisant pour sortir le pays du gouffre où la politique sociale démocrate l’a conduit.
    Pourtant, s’il le faut, je lui donnerai mon bulletin de vote au premier comme au second tour, En revanche s’il faut choisir entre Le Pen et Macron, j’irai jouer au golf : un homme qui déclare froidement que la culture française n’existe pas et que la colonisation était un crime contre l’humanité serait déchu de ses droits civiques dans ma République. Alors, président…

    Réponse
    Si j’ai bien compris, il n’y a pas de solution pour la droite ? Encore fois, admettre que M. Fillon a un très gros problème et ne pas vouloir de M.Juppé, cela revient à exiger de la droite et du centre qu’ils se suicident.
    R.L.

    • Michel de Guibert dit :

      Il y a heureusement une grande majorité de juges qui font honneur à la justice et donc à la France, mais il y une petite minorité agissante, animée par le syndicat de la magistrature qui avait appelé à voter Hollande en 2012, dont des membres ont osé faire le mur des c…
      Or qui a nommé le juge Tournaire ? Le président du tribunal de grande instance de Paris J-M Hayat, ancien du même syndicat. Un des deux autres juges, Aude Buresi, fut membre du bureau de ce syndicat. Quand au PNF, on sait qu’il est aux ordres du Garde des Sceaux.
      Dans ces conditions, il est impossible de faire confiance à des juges appartenant au syndicat de la magistrature qui ont osé mettre sur leur « mur des cons » le nom et la photo d’un père de famille dont la fille a été assassinée dans un train de l’Oise pour avoir résisté à une tentative de viol.

    • Eve M. dit :

      Oui M.Martin, parce que nous sommes une démocratie, tout ceci est révélé.
      Je trouve d’ailleurs beaucoup plus grave que la rémunération en effet légale mais honteuse d’attachée parlementaire de Pénélope, celle de sa prétendue collaboration ( quelques lignes, sous pseudonyme et pourquoi ?) à la Revue des deux Mondes.
      Les liens de François Fillon avec le milieu de la finance ne vous choquent-ils pas … un peu ?

      • Liberty8 dit :

        Le problème n’est pas dans la révélation mais dans l’enquête « à charge » accentuée par les journaux et dans la nomination de juges qui sont tout sauf indépendants dans leurs opinions politiques.
        Franchement la justice aurait pu saisir des juges libres de toute obédience syndicale politisée !
        C’est là que notre élection a été volée, c’est là que notre démocratie n’en est plus une, c’est devenu une démocratie à la botte d’une justice en qui je n’ai décidément plus confiance et au bon vouloir du diktat du politiquement correct de gauche de certain journaux.
        Fillon va se retirer, j’en suis convaincu, mais ses électeurs se sentiront orphelins et floués, attention le FN est proche ! Il faudra un grand Juppé pour ressouder cette fracture en durcissant à la fois son programme et sa façon de faire. Voila comment on casse une démocratie, bravo !

        • Michel de Guibert dit :

          Je ne sais pas ce que Fillon fera, mais à mon avis, il aurait grand tort de se retirer… et je pense qu’il ne le fera pas !

      • Michel de Guibert dit :

        Oui, Eve M., je trouve aussi que le salaire de Mme Fillon est disproportionné par rapport aux services rendus, mais j’aurais aimé que l’on enquête de la même manière sur d’autres salaires autrement mirobolants comme ceux de M. Macron dont les liens avec la finance sont bien plus évidents ou sur le salaire d’autres épouses (je ne citerai pas de nom…) mais en cherchant un peu vous trouverez peut-être ce que les mêmes juges n’ont pas su trouver.

      • Patrice Martin dit :

        Je dois confesser que le rapport à l’argent (ainsi qu’au sexe, d’ailleurs) du candidat est un élément très bas situé sur mon échelle personnelle des critères de choix d’un président de la République où figurent bien plus haut :
        – La qualité du projet politique pour la nation
        – La personnalité du candidat comprise comme sa capacité à négocier, à arbitrer, à résister, à trancher, à expliquer, à résoudre une crise, à mettre en œuvre son programme.
        – Sa probité mais prise dans le sens politique, pas dans celui de l’enrichissement personnel : le discours démagogique du genre « Travaillez moins vous gagnerez plus » me révulse infiniment plus que les relations de tel ou tel avec le milieu de la finance. Je ne reprocherai jamais à Macron celles qu’il entretient avec le milieu bancaire. Les malversations de Cahuzac m’auraient beaucoup moins choqué s’il n’avait pas prétendu en plus donner des leçons de morale à la population.
        Mais en ce sens il est probable que je ne suis pas très français : détester les riches et les bourgeois est inscrit dans nos gènes, même si nous faisons de bizarres exceptions pour les joueurs de foutebôle ou certains coiffeurs…

        • Num dit :

          D’accord avec vous.
          Mais dans notre société médiatique conformiste (téléréalité, selfies, Facebook…) seuls comptent l’image et les apparences et non les compétences.

  9. François L. dit :

    Je me souviens des primaires de la droite au cours desquelles M. Fillon a proposé spontanément de diviser le nombre de députés et de sénateurs de moitié après un referendum en septembre 2017, et d’articles relatant son désir de doubler le budget de fonctionnement mensuel de ces futurs élus (20 000 € par mois, afin qu’ils puissent « vraiment travailler »).
    Il a été député, sénateur et Premier ministre : je suppose qu’il a de bonnes raisons pour être arrivé à cette proposition et ce désir, raisons que personne ne nous a détaillées.
    Alors, je me prends à imaginer ce que seraient les réactions, éditoriaux et commentaires s’il bénéficiait finalement d’un non-lieu de la part du juge acharné (mais renommé intègre) qui s’occupe aujourd’hui de lui…
    Qu’il soit élu président ou pas, d’ailleurs !

  10. Patrice Martin dit :

    Si je partage votre pessimisme quant à l’issue de l’élection, je ne valide pas votre analyse quant à la réussite qu’eût été un plan » J », même si les sondages semblent vous donner raison, car ils ont été réalisés dans un contexte de retrait hypothétique du candidat, pas de son retrait réel. Dans l’hypothèse Juppé, de très nombreux électeurs de Fillon se seraient réfugiés dans l’abstention ou dans le front, voire même dans la macronite, fous de colère d’avoir été privés non seulement de leur candidat mais en plus de leur programme. Le résultat aurait pu tout aussi bien aboutir à ce que nous redoutons : l’élection de la Le Pen. En revanche un plan X qui aurait vu Fillon se désister au profit d’un de ses partisans, lequel aurait continué à porter son projet, avait plus de chances de succès (non garanti) même s’il avait désigné un personnage de bien moindre stature présidentielle que Fillon lui-même. Il me semble que d’une part les organisateurs de primaires devraient préciser le scénario en cas d’empêchement du candidat (maladie, décès, basses manœuvres politicardes immondes mais efficaces des adversaires) ; d’autre part que les directions de partis devraient désigner un second associé au candidat principal sur une sorte de ticket comme ce qui se fait aux Etats-Unis ; en l’occurrence le problème aurait été instantanément réglé.

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