Les fossoyeurs de la démocratie

Gilets jaunes à Paris
(Photo AFP)

La répétition inexorable des violences du samedi, la permanence de la crise, l’irréductibilité d’une fraction des gilets jaunes, certes minoritaire, mais haineuse et criminelle sous bien des aspects, rend impossible la gestion du pays à court et à moyen termes.

PLUS LE mouvement s’affaiblit en nombre, plus il renforce sa capacité de nuisance. De moins en moins nombreux, les gilets sont partout, ils colportent de fausses nouvelles, ils lancent des anathèmes. A la télévision, on pouvait voir une dame bien mise (et sans gilet) qui réclamait un changement du « système » sans se rendre compte qu’elle en était le produit le plus abouti. La question ne porte plus sur le droit de s’opposer à des gouvernants, elle concerne la possibilité de plus en plus éloignée de satisfaire les manifestants, la dictature d’une minorité privée de tout scrupule, le rejet de la démocratie, d’ailleurs applaudi par nombre de journalistes, ceux-là mêmes qui constatent par ailleurs qu’ils sont aujourd’hui victimes de la diffamation et de la violence exercée par les gilets jaunes. Lesquels souhaitent une révolution, un changement de régime, la destitution des élus pourtant portés à leurs fonctions par le suffrage universel.

Une réalité ignorée.

Ils bénéficient d’un double avantage, le soutien de la moitié des Français qui, décidément, ont décidé de faire payer à ce gouvernement un creusement des inégalités qui remonte à quarante ans, mais beaucoup d’entre eux sont moins dans la panade qu’ils ne le prétendent. C’est facile de se dire payé au Smic et d’oublier les aides sociales nombreuses que les foyers en difficulté reçoivent par ailleurs. C’est facile de dénoncer l’injustice sociale et d’ignorer en même temps que 32 %, soit au moins 750 milliards, de la richesse française, sont distribués en prestations diverses. C’est facile de faire une fixation sur l’ISF et de ne pas vouloir comprendre que, sans investissements, il n’y a pas de créations d’emplois. C’est facile encore d’aller menacer Benjamin Griveaux dans son ministère, de harceler les élus de la République en marche, d’agresser des familles, adultes et enfants, dans leur domicile privé. de taper sur des policiers, puis de se dire victimes de leurs coups. De commencer par réclamer une baisse des taxes qui, une fois accordée, est discréditée et remplacée par une autre revendication, par exemple la destitution du chef de l’Etat, sous les applaudissement de la France insoumise et du Rassemblement national. C’est enfin facile de se dire apolitique et de réciter les bréviaires de l’extrême droite ou de l’extrême gauche.

Un cauchemar.

La conjoncture est remarquable parce qu’une force minoritaire mais hargneuse et intraitable a montré sa capacité à rendre la vie impossible à l’ensemble de la société. Ce n’est pas par le nombre que les derniers des gilets jaunes créent ce désordre inouï, c’est par la haine de leurs concitoyens, ceux dont ils ne cessent de demander la tête.  De sorte que cette haine est devenue un argument politique : je vous déteste, vous devez disparaître. La réponse à cette attitude, pourtant minoritaire et de nature criminelle, est à peu près nulle : le gouvernement ne veut pas attiser les braises et tente d’organiser une réponse qui mêle le langage de fermeté à l’action contenue, sachant que le moindre dérapage servirait de prétexte à un soulèvement général. Les partis d’opposition ne sont manifestement pas hostiles au chambardement, mais n’ont aucune idée de la manière de le gérer. La presse, qui s’est crue obligée d’exprimer sa compassion pour les insurgés, les juge plus sévèrement depuis qu’ils se sont attaqués à elle. Bien entendu, le gouvernement ne peut reprendre la main que si la popularité des gilets s’effondre dans l’opinion, ce qui n’est pas le cas, principalement parce que ce mouvement a été considéré dès le début comme l’expression d’une colère populaire et non comme une éruption irrationnelle, largement fondée sur un rêve de changement qui serait, dans les faits, un cauchemar pour la France.

Enfer ou paradis.

Le réalisme exige de prendre acte de ce qui se passe dans le pays, de ne pas minimiser la force d’un phénomène qui nous coûtera cher de tous les points de vue, moral, social, économique et politique ; et dont la responsabilité sera partagée par les acteurs du conflit et par ceux qui, de manière répétitive, ont apporté leur soutien aux gilets jaunes. Je partage le jugement de l’écrivain Sylvain Tesson qui, récemment, dans « le Point », écrivait que les Français n’ont pas compris qu’ils vivent non pas en enfer, mais dans un paradis. Nous sommes l’un des pays du monde qui dépensent le plus en allocations sociales, mais celui, aussi, où les bénéficiaires de ces allocations, qui ne paient pas l’impôt sur le revenu, refusent de payer des taxes tout en demandant plus d’argent. Pour éteindre l’incendie, l’Etat leur a accordé plus de dix milliards, des « miettes », une pitance, l’obole au mendiant, affirment-ils. Ils peuvent bien saccager le « système », ils ne seront pas mieux lotis.  Leurs difficultés pourraient même se transformer en misère pure et simple si l’économie ralentit encore. De même qu’ils ont pénétré par la force dans un bâtiment du gouvernement, ils iront piller les riches, ou les moins riches. Tant il est vrai que ce qu’ils jugent insupportable, c’est la démocratie.

RICHARD LISCIA

 

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28 réponses à Les fossoyeurs de la démocratie

  1. phban dit :

    Analyse fort lucide, hélas.

    Réponse
    Le soutien d’au moins une partie des lecteurs est essentiel.Merci
    R.L.

  2. Dr Alain Cossardeaux dit :

    Je lis d’une manière assidue tout vos éditoriaux, dont je me délecte( si le terme n’est pas trop dithyrambique) ; une fois de plus cet éditorial est étonnant de lucidité.
    Merci beaucoup.

    Réponse
    C’est moi qui vous remercie.
    R.L.

  3. Sphynge dit :

    Mais fossoyeur d’une démocratie verrouillée par un quart de la population de telle sorte que la majorité est, de fait, exclue de la vie politique, et cela, depuis le début de la Cinquième république (hormis son premier président qui a eu longtemps le soutien massif d’une majorité). Une démocratie dans laquelle un quart de la population a décidé que le premier parti du pays (le Rassemblement National) ne doit pas participer à la vie publique. Et qui dispose de la quasi-totalité des moyens pour faire perdurer cette situation. Cela peut-il se terminer autrement que par une révolte, voire une révolution ? Ne serait-il pas judicieux de prévenir pour l’éviter ? C’est-à-dire d’adapter le système pour que tout le monde ait voix au chapitre et que les discussions et les compromis se fassent dans les assemblées et par démocratie directe plutôt que dans la rue ?

    Réponse
    Le Rassemblement national est l’opposé de la République et de la démocratie.
    R.L.

    • Sphynge dit :

      Le parti actuel en donne pourtant toutes les apparences et surtout le comportement politique ! De toute façon, le Rassemblement National n’était mentionné là que parce qu’il est le premier parti de France (dont je ne suis pas), et qu’il n’est pas de bonne démocratie qu’il n’ait que 2 ou 3 élus à l’Assemblée Nationale, tandis que le parti du président dont les députés ont été élus par 17,8 % des inscrits disposent de la majorité absolue. Tout cela est parfaitement légal, les institutions ont été établies légalement, mais il est quand même difficile de les qualifier de démocratiques lorsqu’elles ne fonctionnent plus démocratiquement.

      Réponse
      Le RN n’a pas deux ou trois élus à l’Assemblée, il en a huit. Huit de trop, à mon avis. Toute votre argumentation est donc appuyée sur le mensonge. Ce n’est la faute de personne et donc pas de Macron si l’abstention a été élevée en 2017. Heureusement que vous considérez tout ça comme légal. Mais pas démocratique ? Essayons le système Poutine.
      R.L.

      • Doumé dit :

        On peut dire que le RN est l’opposé de la république et de la démocratie,
        Mais il faudrait surtout pousser l’analyse un peu plus loin pour essayer
        de comprendre pourquoi 30 % des Français qui ne sont quand même pas tous des nazis ou des fachos, se dirigent vers ces idées.
        Viscéralement anti-RN et anti-LFI, j’aimerais bien aussi que la sphère médiatique et « politiquement correcte »  se pose cette question.

        Réponse
        Parmi les électeurs du RN et de LFI, il y a des gens qui ne sont certes ni nazis ni fachos mais sont manipulés. La presse « politiquement correcte » (jugement facile et passe-partout, qui ne veut rien dire) le dit et c’est pourquoi il faut la lire. Si pour être « incorrect », il fallait sombrer dans l’extrémisme, ce serait désastreux.
        R.L.

      • JMB dit :

        Aux premières élections de la Ve République en novembre 1958, le Parti communiste obtient plus de 19 % des suffrages, les gaullistes plus de 20 %. Après le deuxième tour, le Parti communiste a 10 sièges, l’UNR 216. Le taux de votants était de 77 % à ces élections législatives, un taux plus élevé qu’actuellement.
        Avant le programme commun, qui est le début de sa perte d’influence, le Parti communiste peinait à trouver des alliés au second tour. Comme le RN maintenant.

  4. boileau dit :

    je partage l’avis de mes deux collègues : lucidité, pragmatisme, perspicacité et réalisme.
    vos diagnostics précis successifs nous confortent dans notre ressenti.
    Quant aux traitements, beaucoup s’y cassent les dents depuis des lustres ou s’en abstiennent.
    Notre pays est bien un Eden social dans un monde sans pitié… mais pour combien de temps encore ? L’écroulement de ce système fragilisé ne parait plus impossible tant les égoïsmes ont pu se développer en 40 ans.
    Rechercher une certaine transcendance dans une protection écologique prioritaire de notre planète et de notre société, pourrait renouveler une énergie commune et remettre l’individu au centre des priorités. La finance au service du plus grand nombre ne devrait pas être une utopie mais pourrait être une condition de survie collective.
    Encore merci pour vos analyses lucides et respectueuses.

  5. ronfe dit :

    Que dire, sinon souligner la pertinence répétitive de vos chroniques ?

  6. Alan dit :

    Je suis moi aussi (encore une fois) entièrement d’accord avec votre analyse, et je vous remercie pour votre lucidité.
    Le gouvernement est dans une situation difficile, et je trouve dans cette attitude « insurrectionnelle » (et foncièrement antidémocratique) quelque chose d’infantile, et d’enfant gâté – car en France nous avons beaucoup de chance, comme vous le dites, et quiconque a un peu regardé au-delà de nos frontières ne le sait que trop.
    Réponse
    Tout à fait d’accord.
    R.L.

  7. Corentin dit :

    La conclusion de cet article est donc que tout va bien et que la majorité des Français approuvent la politique appliquée par le gouvernement démocratique.
    Pourquoi un gouvernement démocratique n’est soutenu que par une très faible minorité de la population ? C’est totalement illogique puisque ce dernier, étant démocratique, mène la politique que le peuple souhaite. C’est donc, à mon sens, dites moi si je me trompe, qu’il y a un problème de démocratie.
    Je vous invite donc à vous questionner sur la démocratie que vous prétendez défendre. On peut tous débattre sur les sujets que vous évoquez. Mais, si par exemple, ce qui semble être le cas, le peuple souverain (démocratie), souhaite que l’ISF soit mis en place, alors il doit être mis en place. Si le peuple estime, ce qui semble être le cas, que le gouvernement ne les représente pas, alors il doit être changé.
    Je pense qu’il n’y a pas de démocratie aujourd’hui en France, ou alors que celle-ci est très limitée. Les Français votent pour des candidats, professionnels de la politique, qu’ils n’ont pas choisis et qui leurs sont présentés au travers de médias qui appartiennent à de grands acteurs économiques. Il y a certainement mieux à faire pour être en démocratie.
    Le peuple n’a pas la main sur le pouvoir exécutif, ni sur le pouvoir législatif, ni sur le pouvoir médiatique, ni sur le pouvoir monétaire. Il n’a donc pas les outils pour gouverner.
    Alors vous pouvez affirmer que vous soutenez la politique du gouvernement, mais vous devriez vous abstenir de dire que c’est au nom de la démocratie. Vous pouvez dire que tout le monde doit la fermer parce qu’on n’est pas si mal que ça (raisonnement que je trouve d’ailleurs complètement débile) mais pas au nom de la démocratie.
    Nous avons presque tous intérêt, gilets jaunes ou non, à ce que le pouvoir nous soit rendu.

    Réponse
    Votre commentaire est un puissant concentré de mauvaise foi. Je n’ai jamais écrit que tout allait bien, juste le contraire. Je n’ai jamais dit qu’il fallait la fermer. Donc vous refaites l’analyse à votre façon. Votre estimez que le peuple n’a pas la main sur le législatif et sur l’exécutif. Il a voté en 2017 et il a désigné une majorité. Pour vous, la démocratie est dans la rue, elle consiste à blesser, à tuer quelquefois, à casser. Vous êtes un autre provocateur comme il y en a tant aujourd’hui et vous vous cachez sous l’anonymat. Ce n’est plus une question d’opinion, mais de droit.
    R.L

    • Renée Nomar dit :

      En mai 2017, Macron n’a pas été élu sur son programme comme il se plaît à le dire et le répéter à l’envie, mais parce qu’il avait en face de lui Marine Le Pen. N’importe quel candidat aurait pu se faire élire à sa place. Il le sait parfaitement, mais il a choisi la posture de celui qui a été plébiscité pour son projet « réformiste ». Et cela même, alors que seule une faible part du corps électoral s’est déplacé ou a effectivement voté. Cette absence d’adhésion à sa personne, il la paie aussi aujourd’hui.
      C’est encore cette réalité qui fait dire à nombre d’observateurs lucides et impartiaux, que si son élection est « légale », Macron est « illégitime ».

      S’il avait été un président expérimenté, bien conseillé, probe, avisé, il aurait tenu compte de ce péché originel pour éviter de se lancer dans un fiscalisme confiscatoire, uniquement destiné à gratifier les oligarques de la finance et de la presse qui ont mis leur instruments médiatiques et financiers au service de son élection. Son dédain de la vie politique nationale a fait le reste.

      Les gilets jaunes ne sont que le symptôme de cette déliquescence de notre démocratie qui a permis à une caste d’affairistes de prendre le pouvoir à travers des techniques de marketing publicitaire et des méthodes d’influencement médiatiques. Le commando au pouvoir a cru que sa blitzkrieg fiscaliste sidérerait suffisamment la population pour passer en force, sans que les contribuables cibles aient le temps de réagir. Mais c’était sans compter avec la réalité économique quotidienne de ces Français appartenant aux couches économiques basses et moyennes.
      Comme le disait samedi 5 janvier sur France Culture, Pierre Rosanvallon, si Macron a eu la séduction d’un « candidat à la présidence », il n’a pas l’étoffe d’un président.
      C’est la vérité que le mouvement des gilets jaunes a fait éclater en pleine lumière, avec toutes les conséquences qui en découlent pour la stabilité de nos Institutions.

      Désormais, seule une réponse politique, comme une dissolution de l’Assemblée, pourrait mettre un terme à cette séquence, en rebattant les cartes. Mais l’avidité pour le pouvoir des « élites » en place et leur cupidité inassouvissable, le permettront-elles ?

      Réponse
      Le procès en illégitimité de Macron est la cause désespérée de la mauvaise foi, de la haine pour un individu, et du mépris pour les institutions. Macron a été élu parce que c’est lui qui a obtenu le plus de suffrages au premier et au second tours. Il n’a commis aucun péché originel. M. Rosanvallon, homme en tous points respectables, véhicule, à ce propos, une idée à la fois fausse et très largement exploitée par ceux qui, ayant été battus, croient qu’ils ont gagné. On est en pleine folie populaire et vous charriez cette folie avec un aplomb qu’aucun bon argument ne soutient.
      R.L.

      • Renée Nomar dit :

        Ce n’est pas parce que l’on remporte une victoire que celle-ci est gage de la probité du vainqueur. Il est juste le gagnant du gros lot, et c’est l’usage qu’il en fait qui révèle le personnage.
        A travers le monde, tous les jours des scrutins sont dénoncés comme d’habiles exploitations des rouages du système électif. C’est la critique faite à Trump, aux oligarques de certains pays de l’Est, aux autocrates de républiques dites bananières.
        Une démocratie véritable, n’est pas un habit dont on se revêt pour avancer masqué et mieux dissimuler des intentions inavouables. C’est le respect de règles républicaines destinées à servir tous ceux que l’on gouverne, et pas seulement une frange d’entre eux, la plus aisée en l’occurrence, au détriment des autres.

        De toutes manières, c’est moins la légitimité de Macron qui est en cause que son incompétence à gouverner, manifeste après 18 mois de pratique d’une gestion managériale d’entreprise appliquée à un État. Car il aurait pu avoir été élu de façon douteuse et se révéler être un grand Président. Quelle divine surprise alors! Mais tel n’est pas le cas, Emmanuel Macron s’avère n’être qu’une publicité mensongère.

        La contestation populaire qu’il suscite depuis le 17 novembre dernier, ne saurait être traitée avec mépris par nos « élites » ou disqualifiée en tant que « minorité subversive » aux « intentions séditieuses » pour espérer l’épuiser.
        Parce que ce dont elle témoigne est beaucoup plus profond et grave que cela, l’exécutif est sans ressource devant un mouvement sans tête de file à subjuguer, comme il sait si bien le faire. La compréhension sociologique du problème lui échappant, il n’en possède pas non plus la clé.
        Le pouvoir va donc continuer de faire toutes les erreurs que commettent les profanes auxquels on a confié les clés de la boutique.
        A son grand désarroi, il ne s’agit plus de confectionner à la hâte et entre spécialistes, un powerpoint technocratique bien léché, comme preuve d’une pertinence en matière économique qui ne se discute pas.

        Cette fois, il s’agit de faire face à de l’humain pur jus, qui tache, et force est de constater que l’énarchie qui nous gouverne n’a ni été éduquée ni été formée pour un type de rencontre aussi élémentaire.

        Réponse
        Vous utilisez des arguments éculés, en vertu desquels le suffrage universel n’a aucune importance, la démocratie doit être jetée à l’égout, les anciens élèves des grandes écoles sont des pauvres types. Tout le monde connaît cette thèse, qui correspond à l’inversion des valeurs à laquelle nous assistons. Un gilet jaune vaut cent fois plus qu’un flic, un boxeur mille fois plus, la révolution qui abattra l’objet de votre haine tenace cent mille fois mieux que l’ordre, la destruction du pays un million de fois mieux que le statu quo. Non, ce ne sont pas les inégalités de la société qui vous dérangent. Vous avez besoin de vous affirmer personnellement en tant que gendarme, procureure et juge du pouvoir. Personne ne vous interdit d’aller vous exprimer sur les réseaux sociaux, ils sont faits pour des gens tels que vous et ils seront très patients avec votre ego démesuré. Mon blog n’est pas une maison ouverte à tous les vents, y compris les tempêtes sous un crâne.
        R.L.

      • JMB dit :

        Lorsque que Jacques Chirac fut élu en 2002 au deuxième tour avec 82% des voix face à Jean-Marie Le Pen, le député UMP Claude Goasguen déclara (à Répliques, émission dominicale de Serge Moati) que Chirac avait été élu sur son programme.
        Aux États Unis, l’abstention a été de 44,3 %, et compte tenu aussi des petits candidats, Trump n’a été élu que par 25,7 % des électeurs. Ses 74,3 % d’opposants sont étrangement silencieux.

  8. Lefrançois dit :

    Bravo et merci pour votre analyse, pour votre lucidité, voire le courage, car vous n’allez pas dans la démagogie facile de la « bien-pensance » post-soixante-huitarde trop souvent lue et entendue depuis le début de ce mouvement.
    Vous êtes un des (trop) rares journalistes à avoir vu clair à la fois dans ce mouvement (dit des gilets jaunes) et dans les commentaires qu’il a suscités, journalistiques ou non.
    Bien sûr, le pouvoir en place a raté le coche de la communication et de son analyse du problème en novembre; c’est très facile à dire ceci…. après coup, surtout lorsqu’on n’a pas la responsabilité du pouvoir ou du gouvernement.
    Il est temps que les « anti-gilets jaunes » se réveillent et appellent à manifester, avec la difficulté d’éviter le basculement dans une guerre civile, que passent leur temps à susciter et espérer, non seulement les casseurs et agitateurs professionnels, mais encore des « irresponsables » politiques comme Mélenchon, son acolyte Ruffin, et leur alliée de fait Marine Le Pen, aidés par quelques pyromanes comme Dupont-Aignan et Wauquiez.
    M. Liscia, continuez votre combat pour la liberté, pour la démocratie, pour la paix, et merci de continuer vos analyses si pertinentes des évènements actuels.
    Beaucoup trop de Français sont trop nuls en histoire pour comprendre tous les risques, dans notre pays, et autour de nous, de dérapages conduisant à la guerre. Beaucoup trop de Français croient que les guerres ont été des exceptions dans l’Histoire. Hitler était arrivé au pouvoir après des élections au Parlement, alors qu’il représentait une minorité politique.
    ATTENTION DANGER.

    Dr Jérôme Lefrançois

  9. Combelles dit :

    Merci, RL, pour ces analyses pertinentes qui expriment en quelques mots ce que l’on ressent d’une manière plus confuse. Du grand art.
    F.Combelles

  10. D.S. dit :

    Bonne analyse. Et il est vrai que, même si l’on est pas très riche, on commence à avoir peur des possibles cambrioleurs en gilet jaune.

  11. remy colin dit :

    Parfaite analyse, implantable réalité.
    Comment ne pas souligner la totale et terrible culpabilité des gouvernements précédents voir la scandaleuse attitude de Hollande en embuscade, prêt pour une éventuelle récupération.
    Cela fait plusieurs décennies que nous voyons et dénonçons le terrible piège du pseudo-modèle social francais qui s’est mis en place.
    Son explosion ne fait que commencer.

  12. Vandelle Jacques dit :

    Je souscris complètement à votre analyse d’une implacable lucidité.
    Ce pays prisonnier de sa passion de l’égalité, de sa haine du « nanti » et des institutions, court à sa perte si la majorité « silencieuse » continue à ne rien dire, voire à soutenir.
    Il aurait été infiniment plus adulte de laisser à ce gouvernement la responsabilité de ses choix et de le juger en fin de mandat sur ses résultats, notamment sur la réduction éventuelle du chômage.
    Mais la France peut-elle encore (se) grandir ?

  13. Marc CLERC dit :

    Je voudrais répondre à Corentin.
    L’intensité de ce conflit est entièrement factice.
    Cela rappelle en 68 le gargarisme de formules révolutionnaires, que l’on voulait appliquer à une nation dans l’opulence, dans laquelle n’existait aucune composante justifiant une révolution.
    Le peuple souverain…que ne lui a-t-on pas fait avaler dans l’histoire. Ces formules, je ne sais plus qui les a qualifiée comme pleines de son et vides de sens.
    Le jour où les râleurs comprendront que leur énervement est le carburant de leaders dont les formations politiques n’ont strictement plus rien de démocratique, ils se recadreront peut-être sur une attitude positive et constructive.
    Je voyais un petit chef de gilets jaunes de Marseille affirmer: « La mondialisation, nous n’en voulons pas. »
    Et aucun commentateur d’oser relever.
    La mondialisation, c’est comme la valeur d’une monnaie, ça ne se décide pas, ça se constate.
    Je pense que ce gilet jaune devait être habillé de la tête aux pieds « made in China » et devait ignorer que si le marché chinois se fermait à son entreprise, il serait licencié.
    Le mouvement des gilets jaunes à un potentiel de nuisance (d’auto-nuisance) disproportionné par rapport à ce qu’il porte comme projet social caricatural et ultra-dépassé.

  14. Verhaeghe dit :

    Heureux Français que nous sommes.
    Nous vivons dans une vraie démocratie, et ceux qui aujourd’hui le réfutent feraient bien de regarder le monde qui nous entoure. Alors qu’il y ait des problèmes c’est vrai et incontestable, mais il est aberrant de refuser d’aller voter aux élections, et ensuite de dire que le président et les élus de la nation sont illégitimes. Or, à écouter nombre de ces personnes si complaisamment interviewées ces semaines passées, ils sont très nombreux à se dire abstentionnistes. Et puis, dans une démocratie on a des droits certes, mais aussi et surtout le devoir de respecter le bien commun. Et ne pas être imposable n’autorise pas à tout casser puisqu’on ne sera pas directement impacté ensuite. Honte à tous ces boutefeux pseudo-politiques sans avenir comme Dupont Aignan qui fraye avec Marine Le Pen, ou Mélenchon, trotskiste reconverti dans la République assez bonne fille pour les accepter.
    Bravo M. Liscia, je vous lis avec plaisir depuis tant d’années.

  15. Chretien dit :

    Il faut bien reconnaître que E. Macron est victime de la politique laxiste et catastrophique de Mitterrand qui a plongé notre pays dans la situation actuelle : retraite avancée à 60 ans au lieu de 65 ans, 35 heures, fuite des capitaux à l’étranger. Effectivement, la France est un paradis par rapport à la presque totalité des pays du monde. Un seul exemple : quel est le pays qui profite des avantages (et des abus) de la carte vitale ?
    Macron est complètement perdu, ses collaborateurs le lâchent et ceux qui sont en place sont maladroits. Il n’a plus (pas) de service de communication. Par contre, les taxes, elles, continuent de pleuvoir. La 37 eme depuis Hollande concerne les parkings : 150€ pour les abonnements annuels.On prévoit une nouvelle fiscalité confiscatoire sur les successions déjà bien plombées. Maintien de la taxe d’habitation non supprimée pour les 20 % des plus aisés soit plus de 4 000€ (définition des riches par Hollande) les 45 % des ménages français qui payent l’impôt sur les revenus. On va accélérer le massacre des « aisés ».
    73% des français veulent le rétablissement de l’ISF . Ils ne comprennent rien . La France était le seul pays à l’avoir mis en place . Ils veulent que les « aisés « partent tous à l’étranger ! Il ne restera que les smicards qui ne pourront même plus payer leurs fonctionnaires !
    La cagnotte du boxeur à 120 000€ : on tombe sur la tête. Ils ont de l’argent les gilets jaunes ? Alors, de quoi se plaignent-ils ?
    Merci encore pour votre brillante et très pertinente analyse : quel plaisir de vous lire !

    • JMB dit :

      On peut remonter au-delà de Mitterrand.
      Le Front populaire a instauré la semaine de 40 heures et des congés payés de deux semaines. En 1848, la journée de travail avait été réduite à 10 heures.
      Les prémices d’une politique laxiste.

      Réponse
      Une journée de travail de dix heures n’annonce pas une politique laxiste mais traduit une prise de conscience sociale.
      R. L.

  16. Gilles MICHEL dit :

    Tout à fait d’accord avec vous et vos éditoriaux dans la plupart des cas. Les gilets jaunes ne voient pas ce qui se passe dans d’autres pays et ceux dont on a révélé la situation étaient fonctionnaires territoriaux ou même gagnaient pour l’un 25 00 euros par mois depuis 10 ans sans travailler. Ce qui n’exclut pas le népotisme au niveau de nos gouvernants, les postes inutiles de « hauts »fonctionnaires grassement payés copains des politiques et la nouvelle noblesse privilégiée de Bercy, de l’Europe et de l’assemblée nationale. La suppression d’innombrables comités Théodule et de certains corps inutiles et coûteux serait souhaitable: conseil économique et social, etc.. sans compter notre ambassadrice des pôles.

  17. leroy dit :

    Sans faire du catastrophisme, on peut dire que ce qui se passe est grave, d’abord parce que ces événements ont déjà coûté des dizaines de milliards à notre économie qui n’en avait vraiment pas besoin, ensuite parce que ce mouvement, soutenu par l’extrême droite et l’extrême gauche, dont les leaders sont tapis dans l’ombre et attendent la chute des institutions, à créé une espèce d’insurrection incontrôlée dont les ravages sur les biens publics et privés, comme les commerces, deviennent insupportables tant sur le plan psychologique que financier. Dans cette affaire, les partis d’opposition sont muets, comme tétanisés. Victimes de leurs guerres intestines, de leurs maladresses et de l’affaire Fillon, les Républicains sont inexistants malgré leur maîtrise du Sénat et leur centaine de députés. Le PS, que Hollande a enterré, n’existe plus. Les centristes ne s’occupent plus que de Pau, et les verts d’opposition, depuis la sortie de Hulot et après la décision malheureuse de taxer les carburants qui a mis le feu aux poudres et aux pneus sur les ronds points sont inaudibles et, comme souvent, incompréhensibles et odieux dans leur espèce de totalitarisme écologique.
    Face à tout cela, on assiste aux hésitations, aux reculades, aux atermoiements d’un pouvoir troublé, incertain, perturbé, dont le président de la République, cloîtré dans son palais élyséen, donne l’image d’un politicien déprimé, ne maîtrisant plus les événements qu’il a contribué à déclencher par son inexpérience et son mépris jupitérien ainsi que par ses certitudes de banquier et d’énarque nanti qui ne s’est jamais imaginé comment on pouvait vivre avec le SMIC, quand on est obligé d’aller travailler à des kilomètres de chez soi et qu’on taxe le pétrole alors que la France représente moins de 1 % des émissions de gaz à effet de serre du monde.
    Sauf votre respect, c’est bien maintenant qu’il faut sortir de votre léthargie, Monsieur le président, et faire preuve de courage, rétablir l’ordre républicain, et continuer les réformes sans se contenter de taxer les classes moyennes supérieures qui ont travaillé dur en servant leur pays et leurs concitoyens, et dont on rogne peu à peu le pouvoir d’achat.
    Et bien sûr, M. Liscia, encore merci pour vos analyses dont je suis fan depuis 25 ans. Souhaitons-nous à tous une bonne année.
    Réponse
    Bonne année, M. Leroy et merci de me lire.
    R.L.

  18. ErnestoGué dit :

    Gilles et John ? deux crétins sans cervelle, trop feignants pour se renseigner sur les mécanismes institutionnels et socio-économiques, des losers assistés qui critiquent le système social qui empêchent de crever de faim les parasites qu’ils sont. Ils sont un quintessence de l’imbécillité jalouse de ceux qui ont bossé pour réussir. J’en ai connu plein des giléjônes dans mon enfance et ma jeunesse : les grandes gueules qui foutent le bordel à l’école et au collège (ensuite ils sont plus là) en perturbant les cours, et en jouant les malins qui harcèlent les « fayots » qui bossent pour preparer leur avenir. Le soir ça regarde la télé et ça picole au bistrot du coin au lieu de reviser ou de s’instruire. Je n’ai qu’une chose à leur dire « Vous dansiez, ne vous déplaise ? Et bien dansez sur vos rond-points maintenant ». Y’a pourtant une chose pour laquelle je suis d’accord avec eux : on paye beaucoup trop de taxes et d’impôts en France, c’est mondialement connu, il faut supprimer l’assistant pour feignasses qu’est devenu le système fiscal français, supprimer toutes les aides sociales, alloc-vacances pour les chômeurs professionnels qui s’engraissent au noir sans payer d’impôt, et ne pas rembourser les soins de ceux qui méritent leurs maladies (fumeurs et gros buveur-mangeurs par exemple ..). Comme ça les giléjônes seront contents … ces pauvres crétins fascoïdes.

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