Aigle Azur : vols high cost

Des passagers abandonnés à leur sort
(Photo AFP)

La faillite d’Aigle Azur se passe dans un désordre complet : 13 000 passagers attendent d’être rapatriés, 1 200 personnes sont menacées de chômage, tandis que les repreneurs pèsent les avantages et les inconvénients d’un rachat.

IL SEMBLE incroyable que la loi ne prévoie pas qu’une compagnie aérienne aussi soudainement plongée dans la banqueroute (Aigle Azur a arrêté tous ses vols vendredi dernier sans autre forme de procès) est contrainte d’honorer les billets qu’elle a vendus aux passagers. Ce serait même tout le contraire puisque les malheureux qui doivent rentrer chez eux doivent acheter un billet de retour, ce dont ils n’ont pas nécessairement les moyens. Comme si les dirigeants d’Aigle Azur n’avaient pas vu venir leur faillite, comme s’ils n’avaient pas pris leurs responsabilités en vendant des billets qui ont subitement perdu toute leur valeur et comme si le fonctionnement des transporteurs aériens était régi par le cynisme, l’indifférence complète à l’égard de leurs clients et qu’ils n’avaient de comptes à rendre qu’à leurs actionnaires.

Question de solidarité.

C’est encore l’État hélas ! qui aurait dû prendre le relais d’Aigle Azur sans attendre que les passagers floués fussent obligés de passer une ou plusieurs nuits dans des salles d’aéroport. On lui en demande trop ? Certes. Aigle Azur croule sous les dettes et ne pourrait même pas acheter le kérosène pour aller chercher les passages livrés à leur sort ? Certes. Est-ce que cela veut dire pour autant qu’il était impossible d’étendre la solidarité nationale, celle-là même dont toutes les gorges se gargarisent, à 13 000 personnes traitées comme du bétail, ou pire, puisqu’elles ne sont ni logées ni nourries ? On pense beaucoup à un rachat d’Aigle Azur par Air France. Car la société en faillite a des vertus : elle dispose notamment de « créneaux » à Paris-Orly, par exemple pour la destination Algérie, qui font saliver tous les anciens concurrents d’Aigle Azur. L’État devrait au moins intervenir dans la rédaction d’un futur accord pour exiger que, parmi les contraintes imposées à Aigle Azur, la société ramène les passagers abandonnés à l’étranger.

Et la dette ?

Autrement, personne ne voit l’affaire comme une catastrophe : une mauvaise gestion aurait entraîné la banqueroute d’une compagnie que nombre d’experts jugent rentable. Son personnel est formé et compétent. Elle a déjà une bonne clientèle, même si aujourd’hui elle n’inspire guère la sympathie. Du coup, les solutions envisagées sont toutes confortables pour d’éventuels acheteurs, même si la dette accumulée par Aigle Azur au cours des années, et dont personne ne nous parle, doit être considérable. Il y aura donc sûrement une transaction capable d’éviter le pire, par exemple la vente de la compagnie par morceaux. Le gouvernement ne peut pas être neutre : il doit assurer le retour des passagers souhaitant rentrer en France, maintenir les emplois et s’assurer une bonne fois pour toutes que le protocole de mise en faillite ne soit pas géré au détriment des passagesr et du personnel.

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