Le prix du confinement

Un patient transféré par hélicoptère
(Photo AFP)

Le confinement est la mesure la plus efficace pour juguler l’épidémie de coronavirus, mais elle a des effets secondaires, très négatifs sur les plans moral, social et économique. En France, le dé-confinement, qui n’est pas prévu avant le mois de mai ou de juin, posera des problèmes qui ne peuvent être atténués que par le progressivité, de sorte qu’il s’étendra probablement sur plusieurs semaines.

LES MÉDIAS ont cru déceler des signaux positifs indiquant un palier dans la progression de la maladie. La recherche ardente de la lumière au bout du tunnel a pu donner ce sentiment aux médecins et aux chercheurs, bien qu’ils emploient tous le conditionnel et ne mentionnent cette amélioration que du bout des lèvres. Le gouvernement, pour sa part, s’efforce de rassurer la population tout en la mobilisant, ce qui représente un exercice contradictoire. Entretemps, on a commencé à compter les décès dans les Ehpad. Ils sont au nombre de 884 depuis hier et, forcément, la liste s’allonge. Hier, le nombre global de la population contaminée a dépassé le million (1 016 000), dont un quart aux États-Unis et près de 60 000 en France, avec 5 400 décès (contre 1 107  décès en Allemagne, malgré un total de contaminations qui atteint 85 000 cas). L’Espagne et l’Italie subissent le fléau le plus durement avec 14 000 morts chacune.

Transferts : une logistique remarquable.

Non seulement le confinement va durer mais, à mesure qu’il se prolonge, il devient de moins en moins supportable pour la population. Tout d’abord, l’annulation des rendez-vous médicaux considérés comme non urgents n’est pas toujours remplacée par de nouveaux rendez-vous, ce que signifie que les maladies chroniques (diabète, rhumatismes, cardiologie) ne sont pas soignées dans un certain nombre de cas qui risquent de s’aggraver. Ensuite la pénurie de masques, malgré les achats massifs du gouvernement expose les cas indemnes à la contamination. La vie quotidienne se complique par le stockage croissant auquel se livrent beaucoup de ménages et par la durée interminable de l’absence de services : par exemple, il n’y a plus de coiffeurs et il n’y en aura pas avant longtemps. Toutefois, il semble que l’on s’achemine vers le pic de l’épidémie, certains hôpitaux constatant une décrue de l’afflux aux urgences et un plateau dans l’occupation des lits de réanimation. À signaler l’effort immense des pouvoirs publics, qui ont trouvé le moyen de créer quelque 9 000 nouveaux lits de réanimation et qui ont transféré de nombreux patients en état critique du Grand Est ou de l’Île-de-France vers le Sud-Est du pays ou vers la Bretagne.

Crise de l’éducation.

C’est peut-être dans l’éducation que le problème est le plus sévère : la réforme du contrôle continu avant le baccalauréat se heurte de plein fouet à la fermeture des lycées. Le ministre de l’Éducation nationale devait donner ce matin des pistes pour que tout se passe bien, mais on sait déjà que les élèves sont placés dans un contexte d’inégalité, entre ceux qui sont assez brillants pour se jouer du contrôle continue et ceux qui ne le sont pas. Les résultats auxquels sont parvenus le gouvernement et surtout les médecins sont considérables car ils ont évité le décès de centaines (transferts) ou même de milliers (confinement) de patients. Dans le monde entier, près d’un quart des contaminés ont guéri, ce qui est une victoire des soins contre l’épidémie. Mais les États-Unis ont 245 000 cas et ils ignorent le nombre de décès car la santé publique y est répartie entre 50 États. Par comparaison, la Chine a 83 000 cas,  avec 3 000 morts dans le Hubei, région où se trouve Wuhan.  Ce qui montre que les mesures de préventions sont utiles.

RICHARD LISCIA

 

 

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2 Responses to Le prix du confinement

  1. Michel de Guibert dit :

    Quand on parle du nombre de cas, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit du nombre de cas dépistés et non du nombre de contaminés.
    Les comparaisons entre les pays sont difficiles et ont leurs limites selon que l’on dépiste largement ou pas…

  2. D.S. dit :

    Effectivement, la fermeture des salons de coiffure ne va pas tarder à avoir des conséquences de plus en plus visibles.

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