Représailles terroristes

Castex après l’attentat
(Photo AFP)

Muni d’un hachoir, un homme a attaqué vendredi deux personnes, un homme et une femme qui se tenaient au bas des anciens locaux de Charlie Hebdo, les blessant grièvement au visage. Il a été arrêté et a reconnu les faits. Un autre suspect a été interpellé, puis relâché. Un troisième homme a été mis en garde à vue à la suite d’une perquisition au domicile de l’agresseur.

IL S’AGIT d’une attaque de type jihadiste islamiste dont l’intention évidente était de venger Daech au moment du long procès des complices présumés des frères Kouachi, assassins de Charlie Hebdo et de Coulibaly, le tueur d’une policière et de quatre personnes à l’Hyper Cacher. Les auteurs de ce nouveau crime ont tenté de confirmer que la justice française ne passerait pas sans que la France ne subisse l’application du vieux principe œil pour œil et dent pour dent. Les deux victimes appartiennent à une société de production, ce sont donc des journalistes ; mais la logique terroriste a été appliquée aveuglément car elle a pris pour cible des personnes qui n’ont rien à voir avec les caricatures de Mahomet. Ainsi se poursuit cette guerre atroce lancée par Daech ou par ses supplétifs contre notre pays parce qu’il défend sa sécurité à la fois sur le territoire français et dans le Sahel. On reproche déjà au gouvernement son laxisme en matière sécuritaire parce qu’il ne protège pas, ou insuffisamment, les symboles de la liberté. Mais, dès lors que les actes terroristes deviennent complètement irrationnels, un quadrillage du pays par les forces de l’ordre deviendrait nécessaire sans pour autant être applicable.

Notre nécessaire unité.

Nous subissons donc une guerre longue livrée par les terroristes islamistes contre la liberté d’expression. Ce sont des mots essentiels qui, sans oublier le chagrin des victimes, l’angoisse populaire et le désordre ainsi créé dans la société civile par la lâcheté d’assassins qui s’en prennent à nos concitoyens désarmés, décrivent leur volonté implacable, mais heureusement sans y parvenir, de transformer notre mode de vie pour qu’il ressemble au leur. Je ne vois pas comment nous pourrions les vaincre si nous ne nous unissons pas contre eux et si, comme le montre le procès actuellement en cours à Paris où seront jugés les complices des assassins islamistes, nous ne nous dressons pas unanimement contre leurs méthodes et contre l’antisémitisme qui nourrit leurs convictions. Aussi insupportables qu’ils soient pour notre rationalisme cartésien, les actes commis par ces musulmans dévoyés, activés comme des pantins par des chefs qui se terrent en Syrie ou en Irak, contiennent une logique déshumanisée dont nous devons identifier les réseaux.

Riposter sans vague à l’âme.

La double tentative d’assassinat a été dénoncée par toute la classe politique. Il serait bon cependant qu’elle soit prononcée dans tous les spectres de la classe politique avec la même fermeté, la même vigueur et la plus saine des intolérances. La question primordiale ne porte pas sur le recours à des moyens de plus en plus puissants, mais pas forcément les plus efficaces, pour supprimer la sauvagerie ordinaire des islamistes. Elle porte sur le rejet consensuel de crimes dont l’objectif est de semer la peur et la division dans toutes les sociétés occidentales. Ce qui devrait suffire à éteindre de bien inutiles polémiques sur les erreurs de gestion commises ou non par le gouvernement actuel. Ces polémiques, en effet, contribuent encore un peu plus à donner aux criminels le sentiment trompeur de la victoire. Contre la cruauté sans nuance, l’unité. Contre la déformation hideuse des valeurs démocratiques, la réitération solennelle de notre attachement à ces valeurs. Contre le deuil et le chagrin, la riposte impitoyable. Si nous entrons, avec nombre de philosophes, d’essayistes et de cerveaux doués par l’analyse, dans « l’explication » de l’action islamiste, nous courons le risque, intensément désiré par eux, de commencer à les « comprendre » et à laisser fondre notre détermination à les éliminer.

Il n’y a plus de place pour le syndrome de Stockholm. Nous serons plus à l’aise pour les combattre si nous les rangeons dans cette classe de déshumanisés, celle-là même où ils nous ont rangés collectivement, sans établir la moindre différence entre nous. Aucun d’entre nous n’a la moindre chance de s’en sortir s’ils ne nous trouvent pas dressés contre eux en permanence, animés non par la haine mais par l’aversion et le dégoût pour leur lâcheté, leur cauchemar d’un dieu de la mort, leur philosophie nihiliste. Bref, nous n’avons plus le temps de discuter de ces choses, ni avec eux, ni entre nous. Il faut les abattre.

RICHARD LISCIA

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2 Responses to Représailles terroristes

  1. Sphynge dit :

    « Il faut les abattre. » Et donc s’en donner les moyens, ce que jusqu’ici aucun gouvernement n’a fait sérieusement.

  2. Laurent Liscia dit :

    S’en donner les moyens en forgeant l’unanimité démocratique contre une volonté de détruire la démocratie. L’unité nationale n’est pas hélas, une spécialité de la démocratie.

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