Séparatisme : Macron s’explique

La vision de Macron
(Photo AFP)

C’est dans la matinée, aux Mureaux, dans les Yvelines, que le président annoncera les grandes lignes de son plan de lutte contre le séparatisme, l’appellation qu’il a choisie pour désigner le terrorisme islamiste.

CE PLAN, le chef de l’État le prépare depuis deux ans. Il a consulté les religieux, les politiques, les spécialistes de la loi de 1905 et il nous assure qu’il n’entend ni durcir les dispositions déjà en vigueur ni traiter le sujet, sans doute l’un des plus importants de l’époque, d’une façon flexible ou nonchalante. Il est difficile de dire que le terme de séparatisme est mieux adapté que islamisme politique à la sémantique des conflits religieux qui nous préoccupent. On se demande pourquoi, après avoir choisi Lunel, haut lieu de la formation des djihadistes désireux d’aller se battre sur les fronts syrien et irakien, M. Macron a préféré les Mureaux. Mais la vaste communication organisée autour de cette affaire ne semble pas indispensable à tout le monde. La loi de 1905 et celles qui font un délit des injures contre les femmes ou contre les juifs devraient suffire à nous offrir les armes de la dissuasion qui ne demandent qu’à être utilisées.

Ce que veut le pouvoir.

Il est vrai, néanmoins, qu’il est préférable de faire savoir que le gouvernement ne reste pas inerte face à un problème qui menace notre conception de la vie dans la cité, dans la République et dans le pays. Il est vrai que les apprentis sorciers du terrorisme doivent être prévenus. Les mesures de fermeture des mosquées où l’on dispense un enseignement subversif me semblent salutaires. L’exécutif a en tout cas exposé son plan au CFCM, organisation musulmane puissante, qui l’a approuvé. Il s’agit d’un exploit qui dégage l’horizon. L’aval du CFCM montre qu’en aucun cas les musulmans ne seront les boucs émissaires d’une opération qui serait destinée à les éloigner de leur pratique religieuse. Ce n’est ni le rôle de la laïcité, ni l’objectif des pouvoirs publics. Ce qu’ils veulent, c’est séparer l’islam de la politique, faire en sorte que le territoire français ne soit plus propice à l’organisation de complots contre notre sécurité. Cependant, depuis la recrudescence des attaques islamises en 2015, les gouvernements Hollande et Macron ont déjoué de nombreux attentats, ont fermé des écoles religieuses ou des mosquées et ont infiltré des réseaux en cours de constitution.

Une discrimination fine.

Bien que le sujet soit dans la première liste de nos priorités, le texte sur le séparatisme ne sera pas adopté avant la fin de l’année et ne sera pas présenté au Parlement avant le début de l’année prochaine. M. Macron a donc voulu faire aujourd’hui ce qu’il aime le mieux, s’expliquer sur ses intentions, qui ont certes besoin d’un moment de pédagogie, et montrer sa vision des choses. Il a insisté sur les précautions prises par l’Élysée et par Matignon pour que le nouveau texte soit compatible avec la Loi fondamentale. On sait donc que, en principe, il ne vas ni déclencher une bataille contre l’islamisme politique ni le laisser prospérer sur notre sol. Depuis que le terrorisme en France s’est transformé en mal endémique, je n’ai cessé de souligner qu’il faut respecter la très grande majorité des musulmans de France qui ne sont pas du tout tentés par une mésaventure. La répression est indispensable parce qu’il s’agit de vies d’innocents. Elle ne doit pas être aveugle. C’est parce qu’ils constituent une minorité que les musulmans, français ou non, qui vivent en France, doivent être protégés. Depuis que les terroristes ont pris les armes contre nous, nous sommes obligés de procéder à une discrimination fine entre ceux qui n’ont pas de remède contre la haine et ceux qui ne demandent qu’à être intégrés dans la société française.

RICHARD LISCIA

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

One Response to Séparatisme : Macron s’explique

  1. Laurent Liscia dit :

    D’accord avec toi: drôle de mot pour designer le terrorisme islamiste. Aurait-on peur d’appeler un chat un chat ?

    Réponse
    Oui, l’exécutif a eu peur de ça. Mais dans son discours, Macron a dénoncé l’islam politique. Ne pas oublier que nous sommes nous aussi en campagne et que tout ça est très politique, avec l’accent mis par la droite sur la sécurité.
    R. L.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.