Covid : l’espoir renaît

Une vaccination très attendue
(Photo AFP)

La perspective d’un vaccin bientôt mis sur le marché, ajoutée à des résultats du confinement plutôt bons, soulève dans la population l’espoir qui manquait à la discipline collective. Mais la bataille ne fait que commencer, elle durera plusieurs mois avant que nous soyons réellement libérés des contraintes que nous avons subies pendant neuf mois.

LE CAHIER des doléances est à la fois surchargé et pleinement justifié. Comme cela a souvent été le cas depuis février dernier, les mesures du gouvernement, fondées principalement sur l’assignation à domicile, contenaient des contradictions et incohérences. On comprend par exemple la souffrance des libraires, victimes de la discrimination, ou des restaurateurs, menacés de mort professionnelle. Ce que l’on comprend moins, c’est que la nécessité des gestes barrières et du confinement n’ait pas été partagée par l’ensemble de la population et que les agressions contre le confinement ou contre le port du masque soient considérées dans une large fraction du peuple comme la juste riposte aux diktats abusifs de l’exécutif. Tenter d’entrer dans la logique gouvernementale, afin d’y trouver dans ses méandres les points qui font sens, n’a pas produit le consensus souhaitable. D’aucuns estiment que la discipline nationale a été grosso modo respectée et que les exceptions soulignent la règle. Ce n’est pas sûr : celui qui porte le masque à contre-cœur ne verra pas d’un bon œil le voisin qui s’en dispense.

L’arme du salut.

Toutefois, si la discipline n’était pas suivie d’une façon générale, le gouvernement et le corps médical ne verraient pas s’aplatir la courbe des cas de contamination. Peut-être serait-il productif que s’épargnent mutuellement gouvernants et gouvernés. Nous sommes tous dans le même bateau et nous avons un objectif commun, le recul, puis la disparition, de la pandémie. Il ne fait aucun doute, par ailleurs, que la seconde vague résultait des excès de l’instinct grégaire quand le premier confinement fut levé. La discipline, en l’occurrence, est le nerf de la guerre, l’instrument ultime, l’arme du salut. Il n’est pas juste de sacrifier certaines industries et pas d’autres, mais qu’y a-t-il de juste dans une pandémie ? Qu’y a-t-il d’anormal à ce que le pouvoir ait paru, en certains instants, dépassé ? Pourquoi ne pas admettre que, loin des comparaisons établissant le hit parade des pays bons et mauvais, nous avons tous été touchés à des degrés divers, sans doute parce que nous n’avons pas été prudents, sans doute parce que la pression exercée sur les exécutifs a été énorme ?

La mélodie n’est pas écrite.

Avant même que la vaccin n’arrive, on fait un nouveau procès au gouvernement. On lui reproche à juste titre de ne pas être préparé à la campagne de vaccination. Il répond qu’il y travaille, qu’il a commandé des millions de doses de vaccins et les réfrigérateurs géants qui devront les conserver, qu’il utilisera au moins trois des vaccins qu’il a commandés, qu’il fera vacciner les personnels de santé en priorité, puis les personnes âgées ou vulnérables.  Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que la mélodie est écrite sur le papier à musique, nous craignons des chaos régionaux, des injustices, les conséquences négatives d’une hâte généralisée, les pouvoirs publics n’étant pas moins impatients que les populations.

Les inconnues de la vaccination.

La pandémie a été l’occasion d’exploiter à fond la créativité humaine. Nous avons forgé une première arme anti-Covid, le confinement, nous en aurons bientôt une autre, encore plus efficace, la vaccination. Pour autant que nos concitoyens, particulièrement hostiles à une immunisation dont ils craignent le pire, ne se mettent pas à l’écart. Nous ne pouvons pas les forcer à se faire injecter un produit, fût-il testé en phase clinique et approuvé par nos instances savantes. La vaccination collective, la seule qui puisse terrasser le coronavirus, ne doit pas laisser un tiers de la population sans couverture vaccinale. C’est assez dire que le chemin déjà tortueux qui nous a conduits jusqu’ici deviendra de plus en plus escarpé et que ses conséquences politiques risquent d’être plus négatives que celles produites par le confinement.

RICHARD LISCIA

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