Sarkozy en tant que recours

Nicolas Sarkozy
(Photo AFP)

Les candidats potentiels des Républicains à la présidence sont légion. Mais, au sein même de LR, aucun n’est considéré comme capable de rallier la droite et le centre dans un mouvement puissant susceptible d’offrir à la droite classique les rênes du pays. Aucun, sauf un : Nicolas Sarkozy.

LA PREMIÉRE réaction consistera à se dire que, si M. Sarkozy est tellement populaire, il aurait dû gagner la primaire de LR en 2007, ce qui n’a pas été le cas. C’était déjà un « has been » il y a quatre ans, il ne le serait plus. Cette analyse n’est pas logique. Or l’ex-président n’entend pas présenter ses lettres de créance à ses collègues de LR ou à l’électorat, il souhaite que le peuple lui lance un appel, ce qui présuppose un engouement dont on ne décèle aucun signe pour le moment. Pour autant que les autres candidats renoncent à leurs propres ambitions et rentrent dans le rang, il n’est pas certain que son seul nom, sa notoriété, son envie de reprendre le pouvoir, son acharnement suffisent à combler les divisions du parti, à le sidérer, à lui faire accroire qu’il représente la solution, sans perte de temps et sans primaire, pour enfin régner sur une moitié majoritaire du pays.

Le droit au second mandat.

Nicolas Sarkozy est en forme, il n’a que 66 ans, il est doté d’une forte expérience, et peut-être a-t-il pris de la graine et saura désormais éviter les dérapages idéologiques, comme la création d’un ministère de l’identité nationale, qui ont empoisonné son mandat. Mais il a déjà accompli un mandat, ce qui veut dire qu’il doit assez renforcer la main-mise de LR sur le pouvoir pour que son successeur soit l’un des candidats, déclarés ou non, qui briguent aujourd’hui la présidence. Quoi qu’il en soit, il est assez connu, compris et classé pour que le peuple de droite ne soit pas trompé sur la marchandise. D’une certaine manière, dans ces temps de très grave incertitude, il est capable de rassurer alors que, naguère, il faisait un peu peur.

Si c’est Sarko, Macron le laissera venir.

En réalité, les Républicains, avec M. Sarkozy, commettraient l’erreur qu’ils ont commise avec François Fillon, en l’adoubant au moment précis où il commençait à être poursuivi par la justice, avec les conséquences que l’on connaît. Il y a donc des candidats qui éteignent d’un souffle la logique de leurs électeurs ; on les veut avec tant de gourmandise qu’ils effacent d’un tournemain les casseroles qu’ils traînent. Dans le cas de l’ex-président, sa situation n’est pas améliorée. Il n’en a pas fini avec les juges dans plusieurs affaires et risque de subir une ou plusieurs condamnations rendues possibles par le calendrier judiciaire de cette année. LR rejouerait alors la partie absurde qui a conduit ce parti à écarter Nicolas Sarkozy et Alain Juppé en 2016, au profit du seul Fillon, lequel, écrasé par se propres erreurs, a perdu dès le premier tour en 2017. Bref, si c’est Sarkozy, Macron le laissera venir et se réjouira du  scénario.

Hypothèses téméraires.

Et puisqu’on en est à remettre en selle M. Sarkozy, pourquoi ne pas imaginer que François Hollande, devienne à son tour le candidat d’une gauche élargie ? Peu importe, qu’il ait été placé, en 2016, dans l’incapacité de se présenter pour son second mandat. Le voilà qui serait vengé par le balancier du destin qui le poserait exactement là où il a laissé le pouvoir. M. Hollande, assurément, n’a pas eu de démêlés avec la justice. Il n’a pas perdu son paternalisme faussement bonhomme, là ou il va, il est applaudi, pour ses livres ou pour ses discours. Il est beaucoup plus serein que les Hamon, Faure et autres à la recherche d’une unité de toutes les gauches à la fois mythologique et introuvable. Il est plus détesté par une partie des siens que par l’extrême gauche ou les Verts. Quoi ? Ce ne serait que justice et l’on ferait la même chose à droite et à gauche ? Ce n’est pas de cette manière que se déroule une élection présidentielle.

RICHARD LISCIA

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