La quatrième vague

Lit de réanimation
(Photo AFP)

Le gouvernement s’efforce d’obtenir une majorité pour l’adoption du passe sanitaire, considéré par lui comme un nécessaire moyen préventif, dans un débat animé par ceux des élus qui en ont rejeté l’utilité, au nom de leur « liberté ».

LE SURSAUT VACCINAL, que nous devons au discours du président de la République annonçant il y a dix jours le recours au passe sanitaire, se poursuit pourtant, même si les voix sont rares à approuver les effets de cette méthode. Dans la rue, le débat a été creux, surtout marqué par des emphases ou de troubles amalgames qui ont augmenté l’indécence du débat. Les anti-vaccin sont des esprits fatigués par les efforts de prévention et d’adaptation à la crise, sans doute parce que, dans leur étrange logique, ils ne comprennent pas que la mutation constante du virus contraint le pouvoir politique à trouver une série de ripostes successives.

L’étendard des libertés.

Il suffit, en effet, de continuer à minimiser la gravité de l’épidémie pour réclamer à cor et à cri l’abandon de tous les gestes préventifs. Or la violence du variant D, la vitesse des contaminations, le nombre de personnes qu’il atteint en un temps record, comme en témoignent les chiffres sur les personnes prises en charge à l’hôpital qui, demain, seront des cas sérieux et des patients en réanimation, démontrent à toute personne douée d’un minimum de raison que le vaccin, en aucun cas, ne doit réduire les gestes barrières et que la fin du confinement, la saison des vacances, l’enthousiasme induit par le reflux de la pandémie ne signifiaient pas pour autant que nous étions rendus à ces libertés si précieuses que les « refuseniks » en ont fait leur étendard.

Le président-sphinx.

La preuve est là, sous nos yeux, que le péril reste immense, qu’il ne faut pas relâcher notre vigilance, que nous sommes, par les faits, obligés de réagir collectivement contre les menaces qui pèsent sur nous, pris dans notre ensemble, collectivement, alors que des hommes et des femmes politiques se complaisent à entretenir la peur chez nos concitoyens, alors qu’ils espèrent trouver dans la révolte le moyen unique d’affaiblir le pouvoir, et qu’ils laisseraient mourir quelques milliers de Français de plus-ne craignons pas de le dire- pour réaliser leur dessein. Dans l’entêtement des anti-passe, il y a bien sûr le ras-le-bol désormais traditionnel d’un peuple qui adore contester l’autorité de ses élus ; mais dans l’opposition politique, il y a la rage consécutive au discours de Macron et à l’effet populaire qu’il a eu. Ce sphinx qui renaît invariablement de ses cendres, ce président qui a encore quelques intuitions politiques, ce lutteur et maître du verbe, sinon des horloges, n’a jamais lâché prise.

Voie sans issue.

Quoi ? Il résiste à l’impopularité des réformes, à ses propres gaffes, au torrent de sarcasmes déversés sur sa personne, aux gilets jaunes, à la pandémie ? Mais quel malheur définitif pourrait venir à bout de lui ? Quel sinistre événement, ces chantres de la mort, ces pleureuses du théâtre antique, ces Cassandre indécrottables vont-ils nous inventer ? La différence entre eux et lui, c’est qu’ils ont choisi la voie sans issue pour réussir, alors qu’il fait seulement appel au bon sens des gens, à leur vertu, à leur courage, à leur raison. Comme l’ont dit des membres du gouvernement, dont Olivier Véran : « Cent mille manifestants, quatre millions de vaccinés ».

Arguments ou mensonges ?

Il n’y a aucune dramatisation dans les alertes lancées par les autorités sanitaires et politiques. On peut toujours, on en a le droit, contester un point ou un autre du dispositif sanitaire, on ne peut pas nier que le salut passe par le vaccin. Quand le Front national constate qu’aucun lit de réanimation n’a été créé depuis le début de la pandémie, d’abord c’est faux (en ce sens que quelques milliers de lits sont en réserve pour le cas où la réanimation est de nouveau sur-sollicitée) et puis, la critique n’a aucun sens : un lit de réanimation, c’est aussi une équipe médicale de douze soignants. Fallait-il interdire aux médecins et aux infirmières de prendre quelques  jours de vacances après dix-huit mois de dure bataille ?

Une forme de folie.

L’aveuglement des anti n’est pas autre chose qu’une forme de folie. C’est s’adresser à une pandémie comme nous n’en n’avons jamais connu avec les armes de la campagne électorale. L’ennemi n’est plus le virus, c’est Macron. L’infection n’est plus dangereuse, la majorité l’est. La perte de liberté n’est pas due aux circonstances, à l’épreuve historique qui nous est infligée, mais au désordre des mesures gouvernementales. Le comble du cynisme est ainsi atteint dans la manipulation des esprits, la contamination des consciences par l’intolérance absolue, et ces éternels mensonges qui, de tout temps, nous ont fait tant de mal.

RICHARD LISCIA 

 

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One Response to La quatrième vague

  1. D.S. dit :

    Vous vouliez dire 40 millions de vaccinés ?

    Réponse
    Non, la citation est exacte : au lendemain du discours de M. Macron, quatre millions de personnes se sont précipitées vers les centres de vaccination. 40 millions de Français ont été vaccinés depuis le début de la campagne vaccinale.
    R. L.

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