Ukraine : résistance

Zelensky poursuit le combat
(Photo AFP)

L’offensive russe contre l’Ukraine n’est pas une promenade de santé. Malgré des pertes considérables, notamment au niveau des infrastructures, l’armée ukrainienne a infligé de lourds revers aux Russes qui ont perdu des hommes, des chars et des hélicoptères.

LES Ukrainiens se battent dans tout le pays. Kiev est encerclée, mais les forces de Poutine n’ont pas encore pu y pénétrer. La colère du maître du  Kremlin l’a conduit à brandir à demi-mots dimanche la menace la plus grave, celle de l’arme nucléaire. L’issue des combats sera nécessairement favorable aux envahisseurs, mais tant que la résistance se poursuivra, les Russes risquent fort de s’enliser. Ce qui n’offre pas à Vladimir Poutine une perspective agréable. Pour le moment, son bilan est négatif.

Poutine isolé.

Il a réussi à faire l’unanimité contre lui, ses méthodes et ses objectifs. Il a soudé l’Union européenne comme jamais auparavant, et l’OTAN. Son pays est devenu un paria dont l’aviation civile n’est plus accueillie en Occident. Le rouble est en chute libre, les marchés aussi. Poutine a proposé des négociations à Volodymyr Zelensky, le président démocratiquement élu de l’Ukraine, qui a exigé que celles-ci aient lieu à la frontière de la Biélorussie. Les discussions devraient commencer aujourd’hui, mais à quel résultat peuvent-elles mener quand Poutine veut remplacer Zelensky par une marionnette à sa botte ?

L’aide arrive.

Cependant, les Ukrainiens se sentent moins seuls. L’Union  européenne va leur livrer des armes d’une valeur d’un milliard d’euros. Elle organise l’accueil des exilés, ceux des Ukrainiens qui ont fui la guerre et se retrouvent en Pologne. Elle exige un cessez-le-feu immédiat. De jeunes Ukrainiens qui avaient quitté leur pays y retournent pour participer à la bataille. On doit admirer ces hommes, dont leur président, qui savent qu’ils sont en train de sacrifier leur vie pour que l’Ukraine gagne quelques jours de liberté, assez pour que l’opinion russe s’interroge, que les secours arrivent, que les échecs successifs de Poutine soient répertoriés, pour qu’il ne parvienne pas à négocier en position de force. L’espoir est ténu, mais le courage consiste à prendre des risques pour gagner du temps.

Le déclin de Poutine.

Même un dictateur doit rendre des comptes à son opinion. La population russe est certainement perplexe devant une intervention lancée contre des gens qui ressemblent aux Russes, qui en sont très proches, qui ont des affinités avec eux.  La réaction de Poutine à son propre échec n’est pas la contrition, mais la colère. Il a promis de doubler la force d’intervention, d’écraser Kiev s’il le faut. Et il fait marcher sa propagande, qui désigne le pouvoir à Kiev comme une bande de « néo-nazis » dont il faudrait se débarrasser. Cette rhétorique immonde, cet usage immodéré de la force, ces pertes en hommes et en matériels signent, en définitive, le déclin personnel de Poutine. D’abord parce qu’il s’est appuyé sur une analyse erronée pour envahir l’Ukraine ; ensuite parce qu’il s’est mis à dos les plus grandes institutions internationales qui rejettent ses mensonges et ses fabrications ; enfin parce qu’il devra bien expliquer un jour pourquoi l’armée russe s’est exposée à de lourdes défaites tactiques qui ont différé le jour de sa victoire.

Vers une révolution de palais.

Il est probable que M. Zelensky ne survivra pas à cette guerre artificielle qui se déroule sous nos yeux après 77 années de paix sur le continent européen, si l’on excepte les conséquences de la partition de la Yougoslavie. Étrange parcours de ce juif ukrainien, qui a séduit ses compatriotes par ses blagues de standing comedian, a fini par être élu par 73 % des voix contre un milliardaire, Petro Porochenko et qui devient, dans les brumes de la guerre, un héros national. Mais Vladimir Poutine non plus n’y survivra pas, au moins politiquement. Il a donné des signes de paranoïa ; il a tenté de terroriser les Européens avant même d’attaquer un pays libre et indépendant ; il serait prêt à déclencher le feu nucléaire qui embraserait la Russie tout autant que l’Europe. N’y a-t-il pas des gens équilibrés dans son entourage qui pourraient lui passer les menottes et le neutraliser ? En tout cas, il a à peu près tout fait au niveau de l’irresponsabilité pour que le Kremlin s’achemine vers une révolution de palais.

RICHARD LISCIA

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