La galéjade de Mélenchon

Macron et Mélenchon
(Photo AFP)

Depuis qu’il a créé la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes), Jean-Luc Mélenchon chef de la France insoumise, réaffirme de manière insistante qu’il sera « élu » Premier ministre, sous le prétexte que l’union de la gauche ainsi réalisée, le président de la République n’aura pas d’autre choix que de le nommer à Matignon.

DÉPUTÉ des Bouches-du-Rhône, M. Mélenchon ne manque pas d’atouts dans ce « troisième tour social » qu’il appelle de ses vœux. Il a tiré du désespoir des Verts et du PS le plus haut profit possible puisqu’ils se sont piteusement ralliés à son panache blanc ; il les a affaiblis encore un peu plus en soulevant un tollé chez ceux de ces deux partis qui ont des convictions démocratiques ; et il a lancé, avec son surprenant, mais erroné, récit de son « élection » comme Premier ministre, une opération de communication sans doute originale mais trompeuse qui, pour son public, relève de l’héroïsme. C’est l’histoire de la sardine qui a bouché le port de Marseille, cette ville qui lui a offert une seconde vie politique.

Ce que Mélenchon se garde de dire.

Certes, M. Mélenchon a rassemblé les forces de gauche. Mais dès avant les élections législatives, tout le monde savait que la gauche est minoritaire dans le pays, à 32 % au maximum. Selon les instituts d’opinion, qui se refusent à tout pronostic, ce qui maintient dans les esprits la perspective d’une « élection » de Mélenchon au poste de Premier ministre, non seulement il sera minoritaire, mais Emmanuel Macron est assuré de remporter la majorité absolue et ne court aucun risque de cohabitation. La blague que raconte le chef des Insoumis ne dit pas ce qu’il ferait du pouvoir s’il l’obtenait. Elle ne dit pas qu’il serait minoritaire et qu’on perd son temps à parler d’une hypothèse irréalisable ; elle ne dit pas que M. Macron n’est absolument pas obligé de désigner M. Mélenchon et qu’il lui suffit de choisir un Premier ministre dans la majorité ; elle ne dit pas que la campagne de Mélenchon, lancée, comme d’habitude pour le bien commun de la gauche et des malheureux Français qui n’en peuvent mais, vire au culte de la personnalité.

Méthode Coué.

On ne s’en surprendra pas. Aussi cultivé qu’il soit, M. Mélenchon cède à l’émotion. Ses 22 % au premier tour, un exploit, lui ont monté à la tête. Personne, apparemment, ne lui a expliqué la règle du tout ou rien : on peut faire le meilleur score et devenir président, on peut faire simplement un bon score et disparaître de la vie politique. Les 22 % ne sont pas la clef du pouvoir. M. Mélenchon peut camper devant Matignon jusqu’au 20 juin, les gendarmes ne lui ouvriront pas le portail. De sorte qu’il nous fait perdre notre temps, mais à bon escient : plus il nous parle de sa Nupes ( Nouvelle Union populaire, écologique et sociale), plus il nous assure qu’il aura une majorité, plus les électeurs de gauche y croient, surtout ceux qui haïssent Macron. Mais c’est la méthode Coué. C’est bâtir un projet sur un espoir plus que ténu et c’est, en outre, se moquer des institutions et des plus de 18 millions de citoyens qui ont voté Macron au second tour.

Entourloupette.

Le meilleur moyen de combattre cette entourloupette qui en dit long sur le sérieux du personnage, c’est encore de répéter à l’envi la vérité, à savoir que Mélenchon n’a aucune chance et qu’en outre il a mélangé les torchons et les serviettes. Il n’ y a aucun rapport avec PS respectueux des institutions, anti-Poutine, pro-européen, et Mélenchon, pas plus qu’il n’y en a entre le chef du LFI et un homme comme Yannick Jadot. En revanche, on constate qu’un maximum de désarroi conduit aux pires vilénies, que la gauche de gouvernement jetée dans le bas-fossé, a vendu son âme à Mélenchon pour ne ps mourir, ajoutant ainsi à l’humiliation de se livrer à l’ennemi la crise de conscience produite par l’adoption de ses thèses. La Nupes n’est nullement une opération sauvetage de la gauche. Quand elle aura perdu les législatives, elle se déchirera et chacun des quatre partis qui la composent se retrouveront dans une grande solitude. Pour eux, c’est un mandat perdu.

Déchirements.

Le déchirement s’est déjà produit. Daniel Conh-Bendit, José Bové et Jean-Paul Besset, fondateurs d’EELV, ont publié une tribune particulièrement violente contre la Nupes et Lionel Jospin, qui soutient Lamia El Aaraje dans une circonscription parisienne, s’est retrouvé nez-à-nez avec Danielle Simonnet, députée sortante investie par la Nupes, alors qu’elle avait été élue en 2027 contre Mme El Aaraje. D’où une altercation publique entre l’ancien Premier ministre de la cohabitation et Mme Simonnet. Et c’est sur cette base-là que Mélenchon va prendre la tête du gouvernement d’Emmanuel Macron ? Rendez-vous en 2027 pour une renaissance.

RICHARD LISCIA

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3 Responses to La galéjade de Mélenchon

  1. mathieu dit :

    C’est bien à 2027 que pense Mélenchon, dont la mascarade actuelle, qui ne trompe personne, surtout pas lui, n’a qu’un but: l’ériger en statue du commandeur, en rassembleur de la « gauche », tel le Mitterrand du programme commun, avec cette fois une chance d’accéder au deuxième tour des présidentielles… et ne faire qu’une bouchée de pain de l’inoxydable Marine (ou tout(e) autre représentant(e) de la franchise !

  2. Jean Vilanova dit :

    Mélenchon, la posture et l’imposture !

  3. Michel de Guibert dit :

    Cette alliance, c’est un marché de nupes !

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