Le tour de chauffe

Il y a deux ans
(Photo AFP)

La formation d’un gouvernement prend du temps, d’autant qu’il faut s’assurer, auprès de la Commission de la transparence, que les nouveaux nommés sont intègres sur le plan financier.

ON L’A ASSEZ dit, le temps politique n’a qu’un lointain rapport avec le temps en général. On ne peut pas dire non plus qu’avec la canicule précoce les Français soient impatients de savoir qui va les gouverner. Ils semblent compter sur le fonctionnement de la machine électorale qui, aveuglément, est censée donner une majorité au président Macron. Coquetterie inattendue mais qui contient son risque, la nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne, se présente aux législatives dans le Calvados où elle affrontera un Insoumis et l’extrême droite. C’est une manière de renforcer une légitimité que personne, pourtant, ne lui conteste, mais bref, un ministre élu d’abord député vaut mieux qu’un ministre parachuté.

Le tapage de LFI.

Tout se passe comme si la France insoumise était devenue la force hégémonique de la gauche. Il y a maintenant trois blocs, la majorité présidentielle, LFI et le RN, mais ceux qui font le plus de tapage sont bien les Insoumis, plus virulents que jamais, au diapason des syndicats quand il s’agit de vitupérer contre une Première ministre jugée intraitable et comparée à Margaret Thatcher (honneur excessif ou jugement hâtif), qui dénoncent des fraudes dans la compositions des listes, et qui répètent comme un refrain provocateur que M. Mélenchon sera Premier ministre. Comme il ne manque pas d’outrecuidance, il souhaite rencontrer Mme Borne « avant de la remplacer ». On n’a jamais vu un tel aplomb chez un candidat, mais il ne faut pas être dupe. S’il prend le risque d’une prédiction qui sera si vite démentie, c’est qu’il joue son va-tout.

Deux partis forts.

Pas besoin d’être un politologue savant pour imaginer que l’Assemblée nationale reflètera le rapport de forces pré-électoral : il y a trois blocs, la majorité présidentielle, dont on a le droit de croire qu’elle sera absolue, LFI et le RN. L’extrême gauche va faire une rentrée en force au Palais-Bourbon, avec au maximum une centaine de députés. Il reste à savoir si ces élus vont voter comme une seule Nupes, ou si, après leur élection, ils choisiront des terrains de bataille différents. L’extrême droite aussi va multiplier le nombre de ses députés et en obtenir une soixantaine. Preuve que le « système », celui qui fait bouillir les oppositions, cesse d’être « inique » quand les forces en présence finissent pas obtenir un nombre de voix suffisant à la présidentielle. Le scrutin majoritaire à deux tours favorise les partis forts. Vous verrez que LFI et le RN vont moins militer pour la proportionnelle car ils en deviendront les victimes.

Vérité alternative.

Pour ceux qui ne sont pas gagnés par la notion de vérité alternative, la majorité actuelle donne le sentiment d’une certaine confiance en elle-même. C’est parce qu’elle a mesuré l’ampleur de la tâche à accomplir, ce qui ne lui laisse guère le temps de riposter aux piques et banderilles que lui lancent les partis extrémistes, rendus encore plus combatifs par ce qui apparaît comme une défaite inéluctable. On reproche souvent à Emmanuel Macron de n’avoir pas dissipé la menace que font peser l’extrême droite et maintenant l’extrême gauche sur le pays, mais s’il n’avait pas été là, où en serions-nous ?

Ils pâtissent de leur agressivité.

Le problème des extrêmes est moins celui du pouvoir que celui de LR et du PS associé aux écologistes. Ils ont tiré comme des Russes contre Macron pendant tout le quinquennat et qui en pâtit ? Eux, pas lui. Sûrement, c’est le devoir sacré de tous les démocrates de réduire comme peau de chagrin la part du gâteau obtenue par Mélenchon et par Le Pen. Ils présentent l’un et l’autre les signes d’un désordre mental et n’arrivent toujours pas à comprendre que ce qui ce passe en France concerne toute la planète et pas seulement l’Hexagone. Ou plutôt, ils le savent mais feignent de croire que Macron a ruiné le pays. Eh bien, si c’est vrai, comment se fait-il qu’il ait obtenu un second mandat ?

RICHARD LISCIA

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