Le gouvernement de Borne I

Pap N’Diaye, nouveau ministre de l’Éducation
(Photo AFP)

La liste du nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne a été énoncée cet après-midi par Alexis Kohler, bras droit d’Emmanuel Macron à l’Élysée. C’est une équipe plutôt jeune, avec des anciens et des nouveaux, des hommes et des femmes, de gauche et de droite.


LA GRANDE SURPRISE, c’est le départ de Jean-Michel Blanquer qui n’a pas résisté au changement et laisse l’Éducation à Pap N’Diaye, historien connu et grand militant de la cause noire. L’autre évènement est le maintien d’Éric Dupond-Moretti au ministère de la Justice, qui semble s’être battu toute la nuit pour conserver ses fonctions. Mis en examen et vivement combattu par la magistrature, il semblait tout désigné pour un départ. La réaction des juges ne s’est pas fait attendre, ils sont profondément hostiles à la reconduction du ministre. Bruno Le Maire reste à l’Économie, ce qui n’est pas une surprise, Gabriel Attal (33 ans) n’est plus porte-parole (poste où il a fait du bon travail en ces temps de polémiques incessantes), mais s’occupera de la lourde tâche du Budget.

Le Drian s’en va.

Les autres décisions majeures concernent le départ de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, dont les fonctions sont attribuées à une femme de 66 ans, Catherine Colonna, ex-chiraquienne, qui a beaucoup travaillé dans la discrétion mais non sans ardeur, et celui de Florence Parly, qui n’a pas démérité mais est remplacée par Sébastien Lecornu (35 ans) au ministère des Armées. De même Roselyne Bachelot, pittoresque ministre de la Culture, laisse la place à une autre femme, connue dans le sérail, ancienne conseillère à la Culture de M. Macron, la franco-libanaise Rima Abdul-Razak.

Abad arrive.

La caractéristique majeure de ce gouvernement, c’est qu’il comprend des personnalités incapables de faire de l’ombre au président de la République et d’une manière générale peu suspects de manifester la moindre déloyauté à son égard. Il faut enfin noter l’inclusion dans le gouvernement de Damien Abad, ex-chef des LR à l’Assemblée nationale qui, après avoir porté le fer contre Macron pendant cinq ans, a perdu toute affection à l’égard de son parti à la suite de la défaite de Valérie Pécresse au premier tour et a lui-même annoncé qu’il était disponible pour travailler dans le gouvernement de Mme Borne. Il devient ministre des Solidarités.

Beaucoup de femmes.

On peut dire de ce gouvernement qu’il est bigarré ou disparate, mais on peut se contenter de penser qu’il est varié, que sa moyenne d’âge est basse, qu’il comporte beaucoup de femmes et pas des moins des moindres et qu’il correspond exactement aux objectifs de Macron. Celui-ci, en effet, a su établir un équilibre entre personnalités de gauche et de droite, même si celles qu’il a chargées de l’écologie ne sont pas des spécialistes de cette discipline : il s’agit d’Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique et d’Amélie de Montchalin, chargée de la transition écologique, les deux travaillant sous la houlette de la Première ministre. Notons encore qu’Olivier Véran qui, en tant que ministre de la Santé, a combattu la pandémie jour et nuit, n’est pas exactement récompensé pour ses efforts : il est chargé des relations avec le Parlement, ce qui n’est pas conforme à ses compétences de médecin. Il est remplacé à la Santé par Brigitte Bourguignon.

On ne s’étonnera pas des critiques que la composition de ce gouvernement a déjà soulevées. De même que le président a voulu satisfaire un peu toutes les tendances, chaque nomination prête le flanc aux railleries ou aux jugements négatifs. Les plus méchants seront les perdants. Heureusement que la macronie est assez vaste pour que ses tendances multiples soient représentées au sein d’un gouvernement qui lui-même est assez large.

RICHARD LISCIA

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