La police « qui tue »

Mélenchon en campagne
(Photo AFP)

Jean-Luc Mélenchon s’est livré une fois de plus à l’une de ses provocations habituelles, la dénonciation d’une police française « qui tue » au lieu de protéger les citoyens.

QUE NE FERAIT-ON pas, que ne dirait-on pas pour gagner une élection ? M. Mélenchon s’est enfermé lui-même, et apparemment sans trop y réfléchir, dans une logique où toute nuance est abolie, ce qui lui permet de dire dans l’opposition ce qu’il ferait s’il était au pouvoir. Il écarterait la police de sa mission, qui consiste à assurer la sécurité civile, quitte à soutenir d’éventuels malfaiteurs. Ce qui pose un nouveau problème à sa crédibilité. Il a clamé urbi et orbi qu’il serait « élu » Premier ministre et nous explique maintenant comment il exercerait le pouvoir. Un pays sans police serait plongé dans le chaos de l’anarchie. Si vous êtes tenté de voter pour la Nupes, voilà à quoi vous nous exposeriez tous.

Est-il compétent ?

Des hologrammes jusqu’aux provocations à l’emporte-pièce, qui oublient le droit, les institutions et les nécessités parfois contradictoires d’une société en pleine mutation, M. Mélenchon, qui méprise tout le monde et dont la vanité explose, croit flatter son électorat. Mais ne votent pas pour lui que des personnes associées au désordre qu’il appelle de ses vœux pour tirer les marrons du feu. Sans minimiser l’influence croissante de la Nupes, agglomérat malheureux de tendances en conflit, il est en train de nous démontrer, sous l’effet de la passion, qu’il est incompétent pour la fonction qu’il brigue. Oui, cette forme rare d’incompétence résultant d’une ardeur politique si excessive qu’il en oublie forcément les équilibres qu’un gouvernement doit assurer.

Un danger.

Il n’existe pas d’autre solution de laisser les enquêteurs de la « police des polices » traiter l’incident qui s’est produit samedi dernier à Paris et au cours duquel des policiers ont tiré sur une voiture emportant deux personnes dans la fuite lors d’un contrôle. Une femme a été tuée, un homme grièvement blessé. Une fuite pour échapper à un contrôle de police se produit une fois toutes les vingt minutes en France. La fréquence de ce délit ne doit pas en minimiser la gravité. Qui sait combien de trafiquants de drogue ou de conducteurs sans permis et sans assurance sont dans ces automobiles qui ne s’arrêtent pas ? Comment introduire à Matignon celui qui protège ces délinquants ou criminels ? Comment les socialiste et les écologistes ne voient-ils pas que l’accord passé avec la France insoumise représente un danger pour la paix civile ?

Le piège de la vulgarité.

L’affaire a lieu à quelques jours du premier tour des élections législatives et alors même que le résultat du vote français à l’étranger montre à la fois la suprématie d’Ensemble, le mouvement macroniste, et la percée de la Nupes. Dans ses récriminations, à la fois contre Mélenchon et contre Macron, Marine Le Pen fait pâle figure. Mais au moins a-t-elle le courage de se présenter dans le Nord, dans une circonscription qu’elle pourrait enlever dès le premier tour. Il n’en va pas de même de M. Mélenchon qui n’est pas candidat, ne risque rien, mais entend quand même être élu. Il y a eu une époque où le chef des Insoumis écrasait le public de son éloquence et de son érudition, non, d’ailleurs, sans faire valoir que ses interlocuteurs ne méritaient pas autant de culture, comme s’ils n’étaient pas assez intelligents ou cultivés pour le comprendre. Aujourd’hui, à force de réinventer les institutions, il est tombé dans la plus simple des vulgarités.

Il ne nous ment pas.

Le problème avec Mélenchon, ce n’est pas qu’il représente aujourd’hui l’opposition la plus forte au camp présidentiel. C’est qu’il l’incarne de cette manière, en annonçant une gouvernance qui plongerait le pays dans le désordre. Et que, sur ce point, il ne ment pas, ne nuancera pas ses méthodes et s’en prendra à la classe moyenne comme à un ennemi. Nous sommes bel et bien dans une période de régression historique, avec un Poutine qui conduit une guerre du XXè siècle et un Mélenchon à l’aise dans la lutte des classes. Ses partisans le croient parce qu’il leur apporte un espoir insensé, sans se douter le moins du monde que le système actuel, en dépit de ses faiblesses, est encore le moins mauvais du monde.

RICHARD LISCIA

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3 réponses à La police « qui tue »

  1. Vilanova dit :

    Je ne crois pas à l’érudition de Mélenchon. Qu’a-t-il écrit qui élève l’esprit, suscite la réflexion, le débat, la contradiction en 40 ans de mandat ? Rien. Il n’est pas un intellectuel, juste un bateleur vulgaire, haineux et cynique, prêt à tout pour parvenir à ses fins : mettre à bas notre démocratie. Et sa bande « d’insoumis », quelle farce que ce qualificatif ! Ces gens-là ne sont que des esclaves de la pensée – si l’on peut dire – de leur gourou. Et pauvres d’eux, ils semblent en être si fiers à les voir parader partout devant des médias bien complaisants !

    • Coscolla dit :

      Je suis tout à fait d’accord !
      Jean-Luc Mélenchon et les insoumis sont véritablement le triomphe de la vulgarité et de la démagogie en politique, tout le contraire de ce à quoi ils prétendent être désignés par les Français pour pouvoir gouverner notre pays. À bon entendeur.
      Dr Vincent Coscolla

  2. mathieu dit :

    Mélenchon n’invente rien; la « social-démagogie » est l’instrument de la gauche depuis un siècle: 1936, 1981 (retraite à 60 ans, la « rupture »), 1995 (35 heures), 2012 (la guerre au Ccapital): à chaque fois on arrive au pouvoir par la même infaillible – électoralement – promesse: travailler moins et moins longtemps pour gagner plus,.. Et chaque Grand Soir a eu ses lendemains qui déchantent, avec leurs gueules de bois, et le retour inexorable à la rigueur. Le message est le même et il se trouve périodiquement un électorat majoritaire prêt à se bercer d’illusions !
    PS-Pour revenir sur le sujet d’hier et sans le moins du monde défendre Mélenchon, il devrait être possible à des gens de métier d’intercepter et immobiliser un véhicule sans qu’il y ait mort d’homme. J’dis ça j’dis rien, j’y étais pas…

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