Leçon d’histoire

Macron, Éric de Rothschild et Serge Klarsfeld à Pithiviers
(Photo AFP)

En dédiant hier tout son discours aux  juifs qui ont fait l’objet d’une rafle monstre de la police et de la gendarmerie française en juillet 1942, Emmanuel Macron a saisi l’occasion de donner une leçon d’histoire aux révisionnistes qui continuent à dire que l’État français n’était pas responsable d’une affaire qui a dévasté des milliers de familles juives.

IL L’A FAIT avec un talent, une précision, une dignité dont les Français lui resteront redevables, approfondissant pour la première fois l’engagement pris par Jaques Chirac en 1995, restructurant l’argumentation contre le révisionnisme, volant au secours des victimes et n’hésitant pas à s’adresser à Éric Zemmour, candidat malheureux à l’élection présidentielle, pour lui dire que « Non, Pétain, Laval, Darquier de Pellepoix n’ont pas sauvé des juifs en 1940 », ni plus tard.

Salir Macron.

Bien entendu, s’adresser à des révisionnistes pour qu’ils cessent leurs efforts de propagande, n’est pas une vaine démarche. Macron a aussi répondu indirectement à  Mathilde Panot, présidente des députés insoumis qui a cru bon, il y a deux jours, de faire un tweet sur on ne sait quelle collusion avec Pétain, l’essentiel étant de faire croire que le chef de l’État ne serait pas insensible au révisionnisme historique. C’est tout le contraire, c’est elle et le cortège d’islamo-gauchistes qui peuplent les rangs de LFI qui souhaiteraient une autre interprétation de l’histoire. Ce matin, sur France Info, elle a nié le contenu de son tweet, mais qu’importe : calomniez, niez, il en restera toujours quelque chose.

C’est assez dire que le combat contre l’antisémitisme n’est jamais terminé et que si nous rejoignons l’immense majorité qui a applaudi au geste historique de Chirac, il est préférable de ne pas se mêler aux manipulations de Mme Panot et de M. Zemmour.

Le danger de l’extrême droite.

En effet, le Rassemblement national et son avatar, le zemmourisme, sont dangereux : ils offrent à un public dont le mécontentement est fort une option qu’il prend très au sérieux. On ne reprochera pas au président de la République une démarche contenue tout entière dans la persuasion. Macron fait de son mieux. On lui dira toujours, avec une inconséquence crasse, que les juifs ne risquent plus rien en France et qu’il y a autre chose à faire dans l’immédiat. Tant que nous lutterons contre les diverses formes de racisme, les minorités françaises resteront en sécurité.

Un lien entre le passé et le présent.

Nous savons bien pourquoi nombre de nos concitoyens ont voté pour un second mandat de Macron. Il ne se fait aucune illusion sur la nature de ses électeurs, des sociaux-démocrates acquis au libéralisme et à la modernisation du pays. Il vient de s’adresser, et de quelle manière, à son public et, au-delà, à toux ceux qui font de l’obstruction simplement parce qu’ils n’ont pas les idées claires. Le respect de l’histoire est-il important dans la gestion d’un pays ? Il vaut mieux en tout cas que les électeurs de Macron soient satisfaits de ses premières incursions sur un terrain miné. Il faut qu’ils comprennent pourquoi il y a toujours un lien entre le passé et le présent ; pourquoi, si vous niez la vérité un jour, vous la nierez toujours, pourquoi il est bon de défendre la grandeur du pays mais en sachant faire la part des choses et reconnaître là où il a trahi la meilleure cause.

La menace de la famine.

Je sais parfaitement que nous affrontons tous une période difficile, faite de guerre, de pénurie d’énergie, d’inflation. Mais ce n’est pas Macron qui a suggéré à Poutine d’envahir l’Ukraine. Le président de la République tente les moyens de la diplomatie, sans succès. Il le sait et il ne s’accrochera pas à ses premières illusions. La France doit être vigilante sur plusieurs fronts : sur le climat, sur l’approvisionnement en énergie, sur les prix, et elle doit, en outre, aider, les pays d’Afrique menacés de famine. Elle n’a pas d’autre choix que de dénoncer l’agresseur et de protéger la victime.

RICHARD LISCIA

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4 réponses à Leçon d’histoire

  1. woznica dit :

    Lorsque le président Chirac a fait avec courage son discours sur la rafle du Vel d’ Hiv, il a répondu à la propagande fausse qui faisait croire que c’étaient les Allemands seuls qui étaient responsables des persécutions et non trop de Français. Ceux qui ont vécu cette période savaient le rôle essentiel de la police et de la gendarmerie dans les rafles des juifs. Mais déjà à cette période, on falsifiait l’Histoire. Rappelez-vous le refus de Mitterrand de dire la vérité.
    Merci, président Macron.
    On a enfin eu le courage de montrer les policiers défilant en uniforme en faisant le salut nazi.

  2. Jean Vilanova dit :

    Ah oui, elle ne manque pas de culot l’aboyeuse Mathilde Panot tandis que les connivences de son parti avec les islamo-gauchistes et les photos de ses collègues Obono et Simonet avec Corbyn, un antisémite notoire ne semblent guère la déranger tant que cela. Et de nous asséner, sans honte, son verbiage écœurant.

  3. mathieu dit :

    Vous voilà donc rassuré, M. RL, qui aviez, en son temps (novembre 2018), été outré de l’inclusion du « Vainqueur de Verdun », dans l’hommage du président rendu aux divers maréchaux français honorés par l’histoire 100 ans plus tôt.

    Réponse
    Dans ce blog du 9 novembre 2018, je dénonçais la référence au Pétain de Verdun et l’omission du Pétain de 1940.J’admire votre mémoire ou votre méticulosité qui vous permet aujourd’hui de me confronter à ce que j’ai écrit il y a près de 4 ans. Je ne vois, dans la comparaison entre les deux chroniques, aucune contradiction. Ce qui me permet d’exciper de ma constance philosophique. Bien entendu, je n’avais pas besoin d’être rassuré, M. PM, et je n’ai pas attendu pendant tout ce temps que Macron rectifie le tir. Si l’idée était de me confondre, je crois que ce n’est pas réussi.
    R. L.

    • mathieu dit :

      Aucune arrière-pensée perverse… simplement la satisfaction de retrouver l’équilibre de jugement et la pondération qui font le succès de ce blog, n’excluant pas la légitimité des exaspérations !

      Réponse
      L’occasion pour moi de vous remercier de votre fidélité. J’y suis, croyez-moi, très sensible et je suis heureux de publier vos commentaires pertinents.
      R. L.

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