Climat : un échec mondial

Canicule, cauchemar des pompiers
(Photo AFP)

Il n’y a rien dans les incendies dévastateurs qui se sont produits sur le sud de la côte atlantique en France que nous ne pouvions prévoir : les experts confirment que la catastrophe est liée au réchauffement climatique.

LES SIGNAUX annonciateurs des hausses de températures, du changement de climat en France, la fonte des pôles et des glaciers, l’alternance des inondations et de la sécheresse, le fait que nous aurions dû nous préparer depuis des années à la canicule de 2022, tout cela n’a pas empêché la consternation populaire : s’il fallait une preuve aux Français qu’ils devront désormais lutter davantage contre la chaleur que contre le froid, ils l’ont reçue et à plusieurs reprises.

L’affaire de tous.

En France, nous sortons d’une longue période électorale où le climat n’a jamais été la première préoccupation des candidats, sauf les Verts, et encore : ils font beaucoup de politique et ne se contentent pas d’annoncer l’Apocalypse. Nous avons pensé qu’il ne fallait pas réserver le climat à un parti, que tous devaient avoir un projet. Mais ni à gauche ni à droite, on ne s’est emparé du sujet avec sérieux. De sorte que le climat n’a toujours pas fait sa percée politique. Il nous semble absurde que la priorité environnementale passe par le gauchisme, mais les autres partis n’ont pas non plus exprimé de fortes inquiétudes au sujet des gaz à effet de serre.

La guerre pollue aussi.

Les divisions françaises sur le sujet sont d’autant plus consternantes que nous n’avons pas encore convaincu la totalité des peuples que l’enjeu est vital. L’Inde par exemple n’est pas un modèle d’assainissement de l’air et de l’eau. La guerre, comme en Ukraine, est la pire chose que l’on puisse faire à l’environnement. Il est vrai que la politique de domination de Poutine n’est pas une exclusivité russe. Un conflit militaire peut se produire n’importe où dans le monde, une guerre atomique serait le coup de grâce écologiste donné à l’humanité.

Quid des dictatures ?

Dans ces conditions, la raison semble dire que nos chances de rendre la planète plus habitable sont à peu près nulles. Non seulement les politiques climatiques sont soumises aux divisions parlementaires dans les démocraties, mais elles sont plutôt ignorées par les régimes arbitraires, sauf la Chine qui prend l’affaire à bras-le-corps mais part d’un pollution qui a été plus intense qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Je ne crois pas que la Fédération russe croie aux réformes du climat.

La chaleur voyage.

Mais alors, si tout le monde ne joue pas le jeu, comment lutter contre le réchauffement de la planète avec des chances de l’importer ? La vérité est que, au fond, on nous demande de ne pas attendre l’union sacrée du monde pour balayer devant notre porte : nous devrions nous reconvertir à la voiture électrique en attendant que tous les autres pays nous imitent. C’est certainement frustrant. Mais comment agir autrement ? L’épisode caniculaire des Landes est venu d’Espagne et, avant, du Maroc. Il n’existe aucun moyen d’aller chaque été en Afrique de l’ouest pour contenir une vague de chaleur, pour autant que les peuples concernés accepteraient qu’elle fasse du surplace au-dessus de leurs territoires.

RICHARD LISCIA

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1 réponse à Climat : un échec mondial

  1. marie josephe jo dzula dit :

    Ce qui arrive est de notre responsabilité individuelle aussi : il y a eu des gens qui ont alerté depuis longtemps, on s’est moqué d’eux souvent, trop absorbés que nous étions à consommer.
    L’Obs a sorti un numéro spécial : penser l’écologie. Le probléme n’est pas récent et aujourd’hui on en prend conscience et alors tout le monde crie au loup !

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